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SUPERMAN RETURNS (2006) de Bryan Singer avec Brandon Routh, Kevin Spacey, Kate Bosworth.

Déjà dans l’air hollywoodien depuis pas loin de 15 ans, le retour de l’homme d’acier est enfin arrivé sur nos écrans. C’est Bryan Singer qui s’y attèle, après avoir adapté les deux premiers volets des X-Men. Avant Singer, Tim Burton s’était attelé au projet en voulant adapter le comics "Superman Reborn" avec dans le rôle titre Nicolas Cage (sic) ou Russell Crowe (resic). Puis le fameux McG, qui a remis au goût du jour les "Drôles de Dames". Cela aurait pu paraître pour une parodie. Heureusement, Singer fut embauché par la Warner pour ce Superman, en remplacement de Brett Rattner, qui lui réalisa, sans pâlir, X-Men 3.

Comme en 1977 pour l’adaptation de Richard Donner, il fut décidé d'engager un inconnu pour l’incarnation du super héros. Les fans à travers le monde retenaient leur souffle. Et c’est le jeune post pubère Brandon Routh qui passa à travers les mailles du casting. Certains ne voyaient pas ça d’un bon œil. Laissons, attendons de voir le résultat à l’écran. En 1977, l’inoubliable Christopher Reeve était lui aussi totalement inconnu. Et bien Routh tire bien son épingle du jeu. Il est juste de force et d’émotion dans son regard. Ce n’est pas seulement un "paquet" de muscles, il reprend bien le flambeau laissé vacant. Bien sûr, ça ne vaut pas l’interprétation de Lex Luthor par Kevin Spacey, acteur exceptionnel, mais que l’on sent un peu freiné ici, peut être manque-t-il des scènes pour le montage exploité en salles. Il a cette personnalité tangente qu’avait Gene Hackman dans les précèdents : il peut devenir fou à n’importe quel moment. Le seul personnage qui fasse un peu défaut est Loïs Lane. Kate Bosworth est terne, plate dans son jeu. Il lui manque le côté espiègle qu’avait Margot Kidder dans le même rôle.

La réalisation tend à la perfection sur certains plans, peut être trop d’ailleurs. Le budget se reflète à l’écran. Les images sont travaillées comme des tableaux, les scènes d’actions, celle de l’avion en particulier, sont époustouflantes. Là où le bât blesse un peu, c’est au niveau du rythme peut être. Il y a en effet quelques longueurs mais cela est pardonnable car Singer a peut être voulu faire comme si il reprenait la franchise à zéro.

Ce film est à la fois une suite, un hommage au premier (plein de clin d’œils sont adressés aux fans) et un remake (le plan de Luthor). Son générique est identique à celui qui ouvrait le film de Donner, frissons garantis. Apparemment il n’a pas rencontré le succès espéré aux USA. Mais nous savons bien qu’Hollywood réfléchit en terme de recette mondiales. Singer a fait signer à ses interprètes pour trois films, et j’espère, fan du personnage comme il est, qu’il ne va pas abandonner, et nous donner des moments de plaisirs comme le fut pour moi Superman Returns.

Pierre GODON.
V POUR VENDETTA (2006) de James McTeigue avec Natalie Portman, Hugo Weaving, Stephen Rea et John Hurt.

Annoncé a grand renfort de photos et attendu par les fans de la BD, V pour Vendetta se révèle être une excellente surprise.

1997, une guerre nucléaire a rayé l’Afrique et l’Europe de la carte du monde. Isolée, l’Angleterre est devenu un état fasciste. Dans ce climat de répression constante, un mystérieux individu portant un masque au style théâtral et se faisant appeler "V" assassine tout ceux qui représentent l’autorité de ce régime totalitaire tout en semant l’anarchie mais cache aussi un passé douloureux qui réclame vengeance. Un soir, Evey, une prostituée est agressée par des policiers mais elle est sauvée par "V" qui la prend sous son aile.

Ecrit par Alan Moore au début des années 80 et illustré par David Lloyd, sous le "règne" de Margaret Thatcher en Angleterre, V pour Vendetta est un roman graphique à la base qui subit subit les influences du 1984 de Georges Orwell. Le personnage de "V" (masque et costume) s’inspire de Guy Fawkes, un catholique membre d’une conspiration qui a organisé le 5 novembre 1605, un attentat contre le parlement anglais. On sait qu’Hollywood aime puiser régulièrement des scénarios dans ces œuvres, surtout par manque d’idées originales. Les exemples sont nombreux et, malheureusement, plus ou moins réussis. Cette fois-ci, un studio américain (Warner pour ne pas le citer) prend un risque en adaptant V pour Vendetta. Cette œuvre, contestataire s’il en est, passera-t-elle le cap du grand écran ?

C’est une réussite, surtout pour James McTeigue dont c’est la première réalisation, après avoir été assistant sur Star Wars EP2 et sur la trilogie Matrix. On sent l’atmosphère lourde et oppressante de ce Londres totalitaire et fasciste des années 2015. La pensée unique, la restriction, voire l’absence de certaines libertés, n’en font pas un récit de science fiction mais bel et bien un récit d’actualité. Ce film est-il une œuvre pro-révolutionnaire ? Non car le spectateur est toujours libre de penser ce qu’il veut en sortant de la salle. Mais l’histoire, qu’elle soit ancienne ou contemporaine, ne manque pas d’exemples de sociétés fonctionnant sur ce mode. Alternant les séquences de réflexion et celles d’action, V pour Vendetta n’est pas forcément un film tout public, dans le sens où tous les spectateurs ne seront pas forcément capables de faire la part des choses entre la fiction et la réalité. Néanmoins on peut penser que de projeter ce long métrage dans les lycées et les universités peut faire réfléchir. Et cela que ce soit de l’autre côté de l’Atlantique ou bien de l’autre côté de la frontière irakienne.

La distribution s’en tire haut la main. Natalie Portman aborde des rôles pour le moins diversifiés, et celui-ci est encore un exemple marquant de son talent. Ses choix de carrière portent leurs fruits. John Hurt, après 1984 de Michael Radford, passe de l’autre côté de la barrière en incarnant un chancelier suprême convaincant. Stephen Rea en inspecteur douteux du régime, joue avec assez de réserves, tout en finesse. Hugo Weaving (l'agent Smith de Matrix), même s’il est toujours masqué, en impose largement sur l’écran. Quant au réalisateur, je lui tire mon chapeau, même si on peut sentir sur certaines séquences, l’influence des frères Wachowski (les papas azimutés de la trilogie Matrix).

Même si ce film est désavoué par l’auteur de la bande dessinée (Alan Moore qui a également désapprouvé les adaptations de From Hell, La ligue des gentlemen extraordinaires et Constantine), c’est un récit nécessaire à notre société, qui se trouve régulièrement en manque de mémoire. Entretenez-la en allant voir le plus rapidement possible V pour Vendetta.

Pierre GODON.
X-MEN : L'AFFRONTEMENT FINAL (2007) de Brett Ratner avec Hugh Jackman, Halle Berry, Ian McKellen.

X-Men, comics de légende s’il en est. Des personnages multiples, une des BD les plus vendues dans le monde et une franchise qui, on doit le dire, faisait languir les studios américains. Ce fut chose faite en 1999 avec Bryan Singer qui s’acquitta de la tâche d’un deuxième opus en 2002. Un troisième volet était donc obligatoire au vu du final du dernier chapitre. Mais Singer préférant adapter les aventures de l’homme aux collants bleus (Superman Returns ce 12 juillet prochain), la tâche revint à Brett Ratner qui a commis, et je pèse mes mots, Rush Hour 1 & 2 puis a adapté, non sans mérite, Dragon Rouge. La crainte pouvait être de circonstance... Et bien non !!! Ratner s’en sort avec les honneurs car il s’est entouré de la même équipe des deux précédents films. Certes, ce n’est pas un virtuose de la caméra, mais c’est un bon faiseur de blockbuster. Il a quitté le projet de Superman pour se consacrer à X-Men 3. Le spectateur ne trouvera pas de répit, à regret parfois. On sent que ce film aurait pu faire largement 3 heures tant les intrigues donnent l’impression de ne pas être assez développées. Ratner nous emmène où il veut bien entendu, non sans laisser une impression de manque pour certains séquences ou de manque d’expérience peut-être.

Néanmoins, X-Men 3 reste un film efficace, qui satisfera les fans du comics comme les fans cinématographiques des aventures des mutants. Ecrite à l’époque comme une parabole sur les droits civiques, l’intrigue de ce long métrage trouve un peu d’écho dans le patriot act actuel mené par l’administration américaine. Faut-il "fliqué" tout le monde ? Faut-il changé le cours des choses ? Grande question à laquelle je ne suis pas habilité à vous répondre. Là-dessus viennent se greffer des interprétations plus ou moins convaincantes. Peut-être est-ce la faute d’un manque d’exploration des personnages ? Les Hugh Jackman, Patrick Stewart, Ian McKellen et Famke Janssen s’en sortent haut la main, contrairement à Halle Berry qui donne l’impression de faire un peu plus de la figuration, même si elle a un rôle plus important que dans le second film. Les effets spéciaux sont bien sûr de rigueur et le film se targue de quelques scènes impressionnantes.

X-Men 3 devrait être le dernier de la série, même si la Fox prévoit un Wolverine et un Magnéto. Un conseil, allez-y, cela vaut le visionnage et surtout… rester jusqu’à la fin du générique…

Pierre GODON.
MISSION IMPOSSIBLE III (2006) de J.J. Abrams avec Tom Cruise, Ving Rhames.

Quoiqu’on en pense, Mission Impossible fut une bonne idée d’adaptation sur grand écran. Sur les 3 opus sortis, chacun a son préféré. L’avantage de cette franchise est que chaque réalisateur apporte sa touche personnelle, un peu comme dans la série des "Alien". Qu’apporte donc J.J. Abrams dans ce numéro 3 ? Beaucoup de dynamisme dans le scénario, de l’action, beaucoup d’action diront certains. Issu de la télévision, où il a créé les séries Alias et Lost, Abrams apporte son art du renouvellement scénaristique. Il ne se repose pas sur ses lauriers et ne laisse de répit ni aux protagonistes ni aux spectateurs. Ca explose, ça poursuit en voiture, ça s’infiltre sans arrêt et partout (même au Vatican) : cette équipe d’agents secrets ferait passer parfois James Bond pour un débutant. Même si on sait que la Mission impossible deviendra Possible, on en est pas moins surpris quant au sort réservé au héros.

Sorti tout droit d’une publicité pour un dentifrice, Tom Cruise joue ici l’homme heureux, nouvellement fiancé à une jeune infirmière et qui semble vouloir déserter son travail pour enfin goûter au bonheur matrimonial. Mais son devoir va se rappeler à lui et il va devoir effectuer une mission de sauvetage, qui bien sûr ne va pas tourner bien rond. Cruise prend un peu plus de risques dans cet épisode car il ne semble pas de tout à fait infaillible, un peu comme James Bond dans le début du dernier épisode. Il faut dire aussi qu’il a en face de lui un méchant interprété de manière très convaincante par Philip Seymour Hoffman (oscar du meilleur acteur pour Truman Capote). Il reste froid, impassible et ne montre aucune émotion. Il aurait dû interprété ce genre de rôle bien avant. Le reste de l’équipe ne s’en sort pas sans mal : mention à Ving Rhames, Larry Fishburne et Billy Crudup.

Mission Impossible III reste un bon divertissement, malgré cela les chiffres ne semblent pas être trop bons au box office. Un ras le bol de Tom Cruise ? Ses déclarations et surtout l’étalage de sa vie privée ont eu raison des spectateurs ? En tout cas, J.J. Abrams s’en sort avec les honneurs avec des séquences impressionnantes dans la réalisation et leur récit (cf. la scène d’intro). Il devrait bientôt s’attaquer à une autre franchise : celle de Star Trek. Dommage car ce film risque à peine d’être distribué en France.

Pierre GODON.
RED EYE - SOUS HAUTE PRESSION (2005) de Wes Craven avec Rachel McAdams, Cillian Murphy.

Wes Craven, un des maîtres du cinéma d’horreur des années 80, revient sur le grand écran avec Red Eye, thriller en partie aérien.

Dans l'aéroport de Dallas, Lisa Reisert embarque pour le vol de nuit pour Miami et croise le chemin de Jackson, un charmant individu qui ne tarde pas à révéler sa vraie nature après le décollage de l'avion.

Après une bande annonce alléchante, qui laissait entrevoir un peu de surnaturel (Cillian Murphy avec des yeux rougis), il faut dire que la déception est de mise. En effet, ce qui est une bonne idée jusque 75 % du film, devient ensuite un peu plus ridicule. Craven traite une unité d’espace originale (un avion) occupée par le personnage principal qui a peur de l’avion, idée exploitée aussi récemment dans Flight Plan. Cet espace clos, de surcroît en altitude, fournit ses effets, certes un peu prévisibles. Mais la dernière partie du film, celle où les protagonistes reviennent sur la terre ferme, semble ôter toute originalité dans le scénario. Craven donne l’impression de recycler ses scènes de poursuites maintes fois utilisées dans ses films précédents (Scream, La série des Freddy). De plus, en ajoutant un élément scénaristique (le chantage de l’otage qui sera éliminé si l’héroïne ne fait pas ce que le méchant lui dit) fait un peu beaucoup penser à la série "24". Seulement Craven ne jouit pas encore de la virtuosité des scénaristes de cette série. On ne lui en veut pas d’avoir essayer. Ce sentiment est conforté dans notre esprit par la courte durée du film (1h20). Quelques minutes de plus n’auraient pas été de trop.

Le seul à tirer son épingle de ce film est Cillian Murphy. Après le rôle de l’Epouvantail dans le Batman Begins de Christopher Nolan, Murphy joue encore un psychotique. Il ne faudrait pas qu’il s’habitue à ce genre de rôles, malgré son visage qui, il est vrai, lui donne parfois un air inquiétant. Rachel McAdams joue de son charmant sourire, de sa jolie plastique mais ne convainc pas vraiment. Brian Cox quant à lui fait une apparition pour le moins alimentaire et pas du tout à la mesure de son talent (on se souvient de sa composition magistrale dans la 25ème heure de Spike Lee).

Red Eye est un divertissement certes sympathique mais qui ne mérite pas l’achat en DVD mais plutôt la location. Prévoyez un autre film derrière car il est court !!!

Pierre GODON.