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FANTASTIQUE
28 JOURS PLUS TARD (2002) de Danny Boyle avec Cillian Murphy, Naomie Harris, Brendan Gleeson.

Le fléau humain.

Après le fiasco de La plage en 1999, le cinéaste britannique Danny Boyle revient avec une fiction horrifique qui se veut une relecture de La nuit des morts-vivants, le classique de l’épouvante réalisé par George A. Romero.

Dès les premières minutes, le ton est donné avec des images télévisées montrant des émeutes d’une rare violence qui ne renieraient pas la célèbre citation "l’homme est un loup pour l’homme". Le postulat de départ où un commando de la protection animale libère un virus fatal (provenant de chimpanzés) à l’humanité fait immédiatement penser à celui de L’armée des douze singes de Terry Gilliam. Le scénario s’étale ensuite sur trois lieux décrivant l’itinéraire laborieux d’un groupe de survivants.

28 jours ont passé, Jim se réveille d’un coma et arpente les rues désertiques d’un Londres dévasté dont la reconstitution est d’un réalisme saisissant. Selena et Mark, deux résistants lui apprennent plus tard que l’épidémie s’est rapidement propagée par le sang qui alterne l’état de santé des hommes. Animés par une rage bestiale, ceux-ci se déplacent désormais par mouvements saccadés. Le propos est donc toujours aussi pessimiste car l’être humain apparaît une nouvelle fois comme l’artisan de sa propre extermination à travers ses excès scientifiques. La fin du monde est-elle pour demain ?

La halte dans la campagne anglaise met davantage l’accent sur la psychologie des non-contaminés. Cette partie se montre plus sobre en tranchant avec le rythme haletant de la première et son ambiance apocalyptique. Les personnages peuvent enfin souffler en se permettant quelques notes d’humour. La relation entre Franck (l’imposant Brendan Gleeson, l’un des seconds rôles de Gangs of New York) et sa fille Hannah apporte un peu d’émotion. Mais pendant ce temps, la peur de l’infection continue de planer.

L’ultime destination conduit jusque dans un château à Manchester où la sauvagerie reprend ses droits et culmine dans un assaut sous une pluie orageuse. Un parallèle s’établit entre les bas instincts de soldats dont le principal souci est de rassasier leur appétit sexuel et la horde des contaminés assoiffés de sang. En deux mots et sans vouloir faire de l’humour noir, nos héros doivent faire le choix entre la peste et le choléra.

L’œuvre bénéficie de la performance de comédiens quasiment inconnus du grand public qui s’intègrent à l’histoire en traduisant à la perfection leur désarroi face aux enjeux dramatiques. Tourné en vidéo numérique, la réalisation malgré son côté expérimental se montre efficace en exploitant un minimum de plans gores. La photographie s’appuyant sur les effets de lumière et les maquillages très impressionnants (notamment l’aspect cadavérique et les yeux rouges hémoglobine) contribuent grandement à instaurer un climat glauque qui garde le spectateur sous une tension parfois à la limite du soutenable. A ce titre, on signalera la séquence de crevaison dans le tunnel qui renvoie aux premiers films de John Carpenter. Toutefois, il est dommage pour le récit, qu’une bande-son tonitruante à tendance métal soit utilisée pour renforcer l’impact des attaques. De même que pour l’épilogue qui cède à la facilité en ayant recours à des schémas conventionnels.

Constituant une réussite dans le genre, le long métrage de Danny Boyle assimile avec subtilité toutes les références citées plus haut et tient en alerte jusqu’à ce que la terreur vienne vous happer. D’ailleurs, il vaut mieux prévenir que certaines scènes d’une barbarie extrême sont à déconseiller aux âmes trop sensibles même si elles ne sont que suggestives. En tout cas, gare aux sensations fortes !
28 SEMAINES PLUS TARD (2007) de Juan Carlos Fresnadillo avec Robert Carlyle, Catherine McCormack.

Auteur d’un Intacto à l’aura surréaliste, Juan Carlos Fresnadillo remplace Danny Boyle occupé à peaufiner son magnifique Sunshine. Le cinéaste espagnol délaisse la pellicule granuleuse du précèdent film pour livrer une séquelle qui se démarque esthétiquement et par son propos.

Tout avait commencé quand un commando écolo avait libéré un singe enragé. La scène d’ouverture se situe en parallèle avec l’intrigue de 28 jours plus tard et met immédiatement en condition : on passe d’une vitesse stupéfiante d’une simple bougie allumée à la course à perdre haleine d’un homme poursuivi par une meutes d’infectés.

Les plans aériens qui suivent, dévoilent un Londres devenu une ville fantôme où l’espoir renaît à l’image de ce père retrouvant ses enfants. Le bonheur est de courte durée puisque c’est une double imprudence qui permet au virus d’être le vecteur d’un nouveau chaos dévastateur. L’horreur se dilue, instaurant une moiteur ambiante. En matière de séquences d’épouvante, le réalisateur soigne la mise en scène : la tension ambiante est soulignée par les mouvements instables de la caméra, les effets de lumière, de flou, le surdécoupage ainsi qu’un côté gore plus prononcé (cf. le carnage du parking sous-terrain). Au passage, il offre même quelques prises de vues subjectives à la manière des simulations de jeux vidéos.

Outre le drame familial qui constitue le moteur de l’histoire, la présence de l’armée américaine laisse entrevoir un message subversif sur la politique actuelle au Moyen-Orient. Le pessimisme semble lui aussi de rigueur puisqu’il est inutile de s’accrocher à une quelconque figure héroïque. Au milieu de cette population en proie à la confusion, les personnages sont interprétés avec spontanéité et justesse par des comédiens quasi-inconnus du grand public hormis un Robert Carlyle alternant humanité et bestialité avec une parfaite aisance.

Globalement plus violent mais aussi plus viscéral que le précèdent, le long métrage gravit les échelons crescendo, lâchant ses zombies-vampires dans une optique de garantir de purs moments de terreur jusqu’à un épilogue qui mettra mal à l’aise plus d’un spectateur.
L’ANTRE DE LA FOLIE (1994) de John Carpenter avec Sam Neill, Julie Carmen, Jürgen Prochnow, David Warner et Charlton Heston.

Alors que les Freddy, Jason et Michael Myers se déclinent jusqu’à épuisement du filon dans les salles obscures, John Carpenter tente de redonner ses lettres de noblesses au genre fantastique et se penche sur une histoire sous influence de l’écrivain Howard Phillips Lovecraft (1890-1937), créateur du mythe de Cthulhu et autres abominations innommables.

Le récit débute dans un asile où John Trent, ex-détective pour une compagnie d'assurances confie à son psychiatre le parcours qui l’a mené ici : engagé pour retrouver la piste du romancier d'épouvante Sutter Cane, Trent voit son esprit rationnel mis à rude épreuve lorsqu’il débarque de manière étrange dans la bourgade fantôme de Hobb’s End où est censé se cacher Cane.

Mais l’horreur s’imprègne bien avant dès la lecture des romans de Cane. La caméra de Carpenter compose des plans cauchemardesques et diffuse le malaise (la photographie n’y est pas étrangère) en instaurant une ambiance glauque devenant oppressante puis apocalyptique. De l’hôtel à l’église byzantine de Hobb's End (village évoquant celui de la nouvelle de Lovecraft, Le cauchemar d'Innsmouth) en passant par les rues ténébreuses, il s’agit pour l’auteur de filmer l’indicible. Sans vraiment montrer ces créatures ancestrales du bestiaire lovecraftien, la mise en scène est ponctuée de quelques plans subliminaux et sollicite l’imagination du spectateur. En outre, le long métrage possède plusieurs degrés de lecture et laisse ce même spectateur choisir son interprétation. Soit il opte pour un Trent dont l’existence a complètement sombré dans la démence avec ses visions ou pour un Trent ayant un statut de personnage fictif. La porte reste ouverte même si certains éléments narratifs peinent à s’imbriquer.

Dans cette enquête menant au-delà de la raison humaine, Sam Neill interprète avec brio cet homme au départ sceptique et cynique basculant progressivement dans la fantasmagorie et la paranoïa. Des thèmes chers au réalisateur où viennent se greffer réflexions sur la perception de la réalité, sur le pouvoir de la création et sur l’influence exercée par la littérature et le cinéma fantastique (des clins d’oeils amusants sur Stephen King sont disséminés), vecteurs de propagation de la fin du monde dans son film. Le dessein de Sutter Cane étant d'initier une religion dédiée au jugement dernier et vouée à la résurrection des Grands Anciens.

Adulé par certains, maudit par les autres, ce cauchemar éveillé clôt la trilogie de l’apocalypse commencée avec The Thing puis Prince des ténèbres. Avec ce brillant exercice de style, le cinéaste confirme qu’il reste un maître en la matière et livre une mise en abîmes qui constitue l'un de ses derniers chefs d'œuvre.
LES CHATIMENTS (2007) de Stephen Hopkins avec Hilary Swank, David Morrissey.

Stephen Hopkins s’est fait remarqué en réalisant Predator 2 (1990), le très bon Blown Away (1994) mais est surtout connu pour être l’initiateur de la série 24 heures chrono. Pour son retour au cinéma, son nouveau long métrage s’inspire des textes de l’Ancien testament et notamment d’un passage de L’Exode.

Ancienne missionnaire ayant renié sa foi, Katherine Winter s’est reconvertie en professeur d’université qui tente de trouver une explication scientifique et rationnelle aux phénomènes surnaturels. Un jour, elle est appelée pour se rendre dans la bourgade de Haven en Louisiane où l’eau de la rivière est devenue rouge sang. La sceptique Katherine se heurte à la superstition des habitants qui croient à une intervention divine ou maléfique.

Un seul mot vient à l’esprit pour qualifier ce produit hollywoodien : médiocre. Et encore le terme paraît faible. Le scénario pioche ses ingrédients dans des classiques comme L’exorciste ou La malédiction (la fillette au regard glaçant) sans trouver une once d’originalité. Le Razorback y fait même de la figuration. Cela fait peine à voir surtout que l’histoire est supposée servir une comédienne comme la charmante et talentueuse Hilary Swank qui n’arrive pas à sauver le film du désastre malgré sa conviction dans le rôle d’une sorte de Dana Scully démystificatrice.

Inutile également de chercher un quelconque argument positif dans la mise en scène car celle-ci se révèle d’une platitude effarante où même les scènes censées créer une tension s’encombrent de lourdeurs visuels. Le cadre marécageux des bayous habituellement propice aux rites vaudous, semblait pourtant favorable pour instaurer un climat glauque à défaut d’une réelle ambiance apocalyptique puisqu’il est question ici des dix fléaux de l’Egypte relatés dans la Bible. Et ce ne sont pas la dizaine de grenouilles en plastoc balancées dans le décor et une secte satanique de bazar qui apporteront une dose de crédibilité.

Bref, les véritables plaies sont l’ennui et la torpeur qui guettent le spectateur au bout d’une heure. Dommage car ça commence à bouger avec l’attaque des sauterelles numériques suivie du final un peu fauché qui vient achever l’absurdité de l’entreprise. Les châtiments est un film qui fait peur. Ah bon ! Parce qu’il faudrait prévenir le spectateur dans ce cas-là.
CLOVERFIELD (2008) de Matt Reeves avec Michael Stahl-David, Lizzy Caplan, Jessica Lucas, Mike Vogel, T.J. Miller.

Demain la fin ?

Créateur des séries Alias et Lost, J.J. Abrams est passé au format grand écran avec Mission : Impossible III suivi du nouveau Star Trek. Pour Cloverfield, il s’offre une parenthèse producteur et a chargé Matt Reeves dont c’est le premier long métrage, de mener à terme le projet d’abord baptisé 1-18-08 puis Monstrous. Celui-ci créant un véritable phénomène d’engouement sur le net où les indices étaient dévoilés au compte-gouttes. Pari réussi puisque le secret aura été bien conservé et cela jusque dans les vidéos montrant la tête décapitée de la statue de la liberté.

L’histoire débute alors que s’organise une fête pour le départ de l’un des protagonistes pour le Japon. Mais cette soirée est bientôt perturbée par l’apparition d’un monstre géant semant la désolation dans la ville de New York (le spectre du 11 septembre n’est pas bien loin). Encore un film de bestiole enragée avec séquences de destructions massives à la clé diront les sceptiques. Pas vraiment puisque le parti pris est de se focaliser sur un groupe de personnes tentant d’échapper au chaos dans les rues de Manhattan. Pas d’héroïsme ici, elles sont juste guidées par leur instinct de survie.

Reprenant le concept qui avait fait le succès du Projet Blair Witch, le récit épouse le point de vue d’un caméraman amateur prenant les événements au fur et à mesure qu’ils se présentent. Une caméra subjective qui emporte l’adhésion du spectateur en le plaçant aux premières loges même si parfois le cadre est instable et l’image un peu floue. Cette démarche s’inscrit dans un but de renforcer le réalisme des situations. L’autre bonne idée est d’avoir fait appel à des acteurs inconnus qui se révèlent convaincants et crédibles en toutes circonstances. Leur errance ne laisse aucun répit et la tension est toujours palpable (cf. l’attaque des insectes) bien que le scénario se soit encombré d’une intrigue sentimentale assez basique. Toutefois, on passera également sur les quelques incohérences concernant l’autonomie et la solidité du caméscope familial.

Et le fameux monstre dans tout ça ? Si l’on a évoqué le lovecraftien Cthulhu ou le biblique Léviathan, l’allure générale de la mystérieuse bête parvient à donner quelques sueurs même si la gigantesque créature reste paradoxalement assez discrète et l’on s’attend toujours à ce qu’elle pointe son museau au détour d’un gratte-ciel. En outre, les scènes catastrophes tiennent leurs promesses et procurent une dose suffisante d’adrénaline au spectateur témoin. Le film dont vous êtes le héros, l'interactivité en moins.

Globalement, Cloverfield s’avère donc être une parfaite osmose entre cinéma expérimental et divertissement bien calibré. Un drame intimiste doublé d’un spectacle apocalyptique au rythme haletant qui évite les excès de numérique Godzillesques.
DOG SOLDIERS (2002) de Neil Marshall avec Sean Pertwee, Kevin McKidd, Chris Robson, Leslie Simpson, Darren Morfitt, Thomas Lockyer.

Une escouade de six soldats anglais effectue une manœuvre dans les contrées sauvages de l’Ecosse. Ils ne tardent pas à découvrir un autre bataillon qui a été massacré. Isolés dans une forêt par une nuit de pleine lune, sans radio ni munitions, ils parviennent à se réfugier dans une auberge déserte. Encadrant la bâtisse et terrés dans les bois, les loups-garous attendent leur heure.

La momie, les fantômes, les vampires et les loups-garous, autant de mythes qui ont fait les beaux jours du cinéma fantastique. Il est vrai que ces derniers temps, les vampires hantaient le grand écran et pas de plus belle manière (cf. La reine des damnés). Délaissant les salles obscures, la question était de savoir si les loups-garous n’étaient pas devenus une espèce en voie de disparition. Ceux-ci avaient pourtant réussis à faire hurler de terreur les spectateurs en montrant les crocs dans des films comme Wolfen ou Hurlements. La réponse est apportée par un réalisateur britannique qui avec son premier long métrage, donne un nouveau souffle à ce mythe.

Tout commence sous une tente où un couple de jeunes est sauvagement attaqué mais ici le parti pris est de ne pas montrer le carnage. Le cinéaste préférant s’orienter vers la suggestion plutôt que de déverser les flots d’hémoglobine, cette perspective de mise en scène demeurant sans doute le plus grand moteur de la peur. Puis l’on suit caméra à l’épaule, une unité de militaires devenir à leur tour, une proie convoitée comme dans Predator. Après une course-poursuite, ces braves militaires se cloîtrent dans une auberge dont le cadre rappelle étrangement celui des œuvres des studios de la célèbre Hammer (réputée incontournable dans le domaine du cinéma fantastique britannique). Pendant une nuit, ils subiront les assauts répétés de créatures assoiffées de sang et à la vision nocturne développée jusqu’à l’hécatombe finale. Dans cette ambiance à huis clos où chaque tentative d’évasion peut être fatale, certaines scènes renvoient à Assaut mais il faut avouer que le scénario digère plutôt bien ces références. Soutenu par une obscurité permanente, la mise en scène instaure une atmosphère oppressante et moite où l’horreur s’infiltre discrètement (quelques plans "viscéraux") et dévoile ses lycanthropes - animés grâce aux technologies animatronic et non en ayant recours aux habituelles images de synthèse - avec avarice (des bras velus dépassent des fenêtres lors des attaques).

Neil Marshall crée donc la surprise avec ce Dog Soldiers demeurant avant tout une honnête série B qui s’assume comme telle, ni coûteuse, ni prétentieuse, là où s’annonçait une suite de massacres dans le pur style d’un jeu vidéo.
DREAMCATCHER (2003) de Lawrence Kasdan avec Morgan Freeman, Thomas Jane, Damian Lewis, Jason Lee, Tom Sizemore.

L’attrape-nigaud.

Stephen King, surnommé à juste titre, le maître de l’horreur est considéré comme l’auteur le plus prolifique sinon le plus adapté (une à deux fois par an surtout pour le circuit vidéo) du cinéma américain. Autant dire le plus rentable financièrement parlant.

Mais force est de constater que sur ce coup, soit King a manqué cruellement d’inspiration en donnant l’impression d’assister à un mauvais épisode de la série X-Files, soit les scénaristes ont privilégié l’aspect spectaculaire de son livre afin de déployer un arsenal d’effets spéciaux.

Le film démarrait pourtant sur une base intéressante : l’histoire d’une amitié qui remonte à l’enfance (thème récurrent chez le romancier) entre quatre hommes pourvus d’un don de télépathie et qui débouche sur une partie de chasse dans une forêt enneigée. On apprend en cours de route que le quatuor a hérité des pouvoirs d’un jeune simple d’esprit aux facultés surnaturelles. Ce dernier, le fameux "attrape-rêves" qui devait être le héros central, passe curieusement en arrière-plan en faisant simplement trois apparitions.

Quant à l’intrigue, elle s’installe avec un humour et des bruitages plutôt douteux (en l’occurrence, éructations et flatulences) qui précèdent les premières gouttes d’hémoglobine. L’élément gore se manifeste par la cuvette des WC (?) d’où émerge une créature digne d’un ver solitaire. Une autre plus grosse se présente sous la forme d’une limace gluante aux crocs acérés et montée sur pattes. Et la description est loin d’être exagérée. Mais le ridicule culmine lors d’une expédition en hélicoptères de combat numérisés contre une invasion extra-terrestre.

Pas un seul instant, on ne remarque la signature de Lawrence Kasdan, réalisateur de westerns épiques tels que Silverado ou Wyatt Earp mais surtout talentueux scénariste de L’Empire contre-attaque et des Aventuriers de l’arche perdue. L’originalité ne semble pas être le point fort de ce scénario certainement écrit à la sauvette tant les personnages sont prévisibles dans leurs moindres mouvements et se laissent aller volontiers aux répliques faciles voire grossières (ou est-ce le doublage français ?). Le récit pullule également de références filmiques (les gestations sont des emprunts directs à Alien ou La chose) et aligne des scènes de suspense qui ne fonctionnent pas du tout. En outre, cette affligeante série B nécessitait-elle l’emploi du format large ?

Habituellement excellent, Morgan Freeman réussit un beau numéro de cabotinage en militaire maniaque aux gros sourcils blancs, seuls Thomas Jane et Tom Sizemore parviennent péniblement à tirer leur épingle du jeu. Il est donc inutile de faire perdre davantage de temps au spectateur : à la fin, il reste deux survivants, le brave soldat meurt, Freeman explose dans une gerbe de flammes, le monstre éclate en mille morceaux et la planète est sauvée. Ouf ! il est vrai qu’on a eu chaud.

Si ces arguments n’ont pas encore réussi à vous convaincre d’éviter ce genre de production à travers quelques détails croustillants, c’est que vous êtes sacrément coriace. Pour résumer, Dreamcatcher s’inscrit dans la pure tradition du film de commande en rappelant les pires navets fantastiques des années 50 dans le style "L’invasion des mille pattes géants".
GODSEND, EXPERIENCE INTERDITE (2003) de Nick Hamm avec Greg Kinnear, Rebecca Romijn Stamos, Robert De Niro.

Une expérience ratée.

Réalisateur de l’étrange mais intéressant The Hole (2000), Nick Hamm s’interroge sur la question éthique du clonage. Un sujet original puisque pour le moment, peu de réalisateurs s’y sont intéressés. Et on ne parlera pas du catastrophique A l’aube du 6ème jour avec Schwarzenegger.

Le point de départ de l’histoire est un dramatique accident qui prive un couple de leur fils de huit ans. Le docteur Richard Wells, un généticien leur propose alors de le cloner. L’expérience réussie mais à l’âge de ses huit ans, Adam est assailli par d’atroces visions et développe un comportement anormal.

Voilà un film qui prend un bon démarrage mais qui la demi-heure passée s’enlise dans le plagiat constant avec ses références qui pullulent à chaque plan. Tout le répertoire fantastique avec le thème de l’enfant maléfique ou possédé y passe : Shining, Le village des damnés, La malédiction ou encore 6ème sens. Il n’y a que L’exorciste qui est évité de justesse. Cette histoire de manipulation génétique doublée d’un drame familial méritait vraiment un meilleur traitement car ni la mise en scène ne parvient à instaurer une réelle atmosphère, ni le suspense ne fonctionne. Un comble pour un thriller horrifique où la tension retombe systématiquement à plat en ne réservant aucune surprise au spectateur et cela jusqu’à un dénouement hyper bâclé.

Les acteurs font ce qu’ils peuvent pour apporter un peu de conviction à l’intrigue. Quant au grand Robert De Niro, l’aspect méphistophélique de son personnage évoque son rôle dans Angel Heart. Pourtant l’ensemble devient vite ennuyeux plombé par son cruelle manque d’imagination et d’ambition artistique.

A force de cloner les idées des autres, Godsend (traduit Expérience interdite, encore une aberration !) finit par manquer de personnalité et devenir inintéressant au plus haut point. A ranger donc dans la catégorie produit standard.
L’HOMME SANS OMBRE (2000) de Paul Verhoeven avec Kevin Bacon, Elisabeth Shue, Josh Brolin.

Le mythe de l’homme invisible a été instauré par H.G. Wells en 1897 et sa plus célèbre incarnation reste le comédien Claude Rains dans le classique de James Whale en 1933. A cette occasion, le cinéaste hollandais Paul Verhoeven revient au film d’effets spéciaux après les tonitruants Robocop, Total Recall et Starship Troopers.

Sebastian Caine, savant éminent et arrogant, découvre le mécanisme moléculaire de l’invisibilité. Avec l’aide de deux autres scientifiques, il décide de tester la formule sur lui mais se rend compte trop tard qu’il ne peut plus inverser le processus. Enfermé dans le laboratoire, Caine cède bientôt à la démence tandis que le goût du pouvoir lui monte progressivement à la tête.

C’est Kevin Bacon qui joue de toute son ambiguïté et prête ses traits (même si il est absent à l’écran, le comédien a endossé un costume vert simulant l’invisibilité et permettant les mouvements grâce à de nombreuses retouches numériques) à cet homme sans ombre victime de sa vanité et de son ambition démesurée. Si le souhait de Verhoeven était d’offrir une version plus crue du mythe, il n’en paraît rien à l’écran et l’on a plutôt affaire à un produit calibré selon les impératifs commerciaux des studios. De ce fait, le long métrage se contente d’aligner un suspense qui ne prend pas, une intrigue linéaire et des seconds rôles quasi transparents. De même que la présentation basique de ce savant mégalomane dont l’invisibilité fait ressortir tous les vices cachés, illustre d’une manière bien succincte les deux thèmes chers à Verhoeven que sont le sexe et la violence. Pourtant on ne peut que saluer le travail effectué dans les impressionnantes séquences de rematérialisation/dématérialisation qui sont d’un réalisme rarement atteint.

Une nouvelle mouture en mal d’inspiration au demeurant distrayant à visionner surtout pour ses qualités esthétiques.
L’OMBRE DU VAMPIRE (2000) d’E.Elias Mehrige avec John Malkovich, Willem Dafoe, Udo Kier, Catherine McCormack, Cary Elwes.

1921, le célèbre réalisateur allemand, Friedrich Wilhelm Murnau part en Tchécoslovaquie afin d’y tourner Nosferatu, un film inspiré du Dracula de Bram Stoker. Là bas, l’attend le comédien Max Schreck qui tient le rôle du comte Orlock. Par son attitude étrange et ses caprices outranciers, celui-ci va laisser planer une certaine ambiguïté sur l’équipe de tournage.

Hommage à un précurseur du film d’épouvante devenu un monument de l’expressionnisme allemand, cette fiction basée sur le tournage de Nosferatu fait froid dans le dos. A la manière d’un documentaire, le réalisateur s’attache à décrire les conditions de tournage de l’époque notamment dans la façon de donner les directives aux acteurs et jongle habilement de la couleur au noir et blanc afin de retranscrire l’univers baroque de l’œuvre. Peu à peu, une aura de mystère s'installe au sein d'un groupe hanté par un spectre maudit. Une intrigue soutenue par les prestations de Willem Dafoe méconnaissable et inquiétant à souhait en Max Schreck/Nosferatu face à un John Malkovich incarnant à la perfection la folie démesurée d’un cinéaste qui reconnaît en sa vedette, une matérialisation de ses propres démons. Mis à part le thème du vampirisme, l'histoire par différents aspects n’est pas sans rappeler une évocation quelque peu dérivée du mythe Faustien. Petite fausse note, le scénario sème les indices sans toutefois brouiller les pistes et l’explication finale n’est là que pour appuyer une simple confirmation. Un épilogue par ailleurs terrifiant qui laisse un obscur sentiment de malaise.
LE PRESTIGE (2006) de Christopher Nolan avec Christian Bale, Hugh Jackman.

Après le thriller à rebours Memento, le remake Insomnia et le retour réussi d’un Batman rajeuni, Christopher Nolan s’est penché sur une nouvelle de Christopher Priest pour retracer le parcours de Alfred Broden et Rupert Angier, deux prestidigitateurs prêts à toutes les manœuvres pour gravir les marches du succès dans l’Angleterre du XIXème siècle.

Rares sont les films qui évoquent les magiciens, ces virtuoses de la scène, sauf peut-être la biographie d’Harry Houdini avec Tony Curtis en 1953. Le réalisateur s’est donc aventuré sur un terrain quasiment inexploré en choisissant de faire découvrir les coulisses de la magie sans pour autant en dévoiler tous ses secrets. Au travers de cette rivalité qui mène à l’obsession et la convoitise, ce récit intimiste se veut une parabole sur l’ambition qui s’enrichit d’une relecture du mythe faustien dans une dernière partie renouvelant le schéma classique du coup de théâtre. L’auteur s’ingénie à construire un scénario astucieux dont certains rouages ne sont pas sans rappeler ceux de Following (le suiveur), son premier long métrage expérimental qui traitait de l’art de la manipulation.

En plus d’être un conteur, Nolan prouve qu’il sait installer une ambiance particulière. La mise en scène raffinée soulignée par une photographie appliquée et le découpage narratif (allers-retours passé présent) concourent grandement à amplifier la tension à mesure que l’intrigue progresse. Les comédiens sont également en phase avec leurs personnages certes nuancés mais dont les actes sont dictés par la vanité. Hugh Jackman s’illustre avec charisme dans la peau de ce mystificateur animé par l’esprit de vengeance. Quant à son concurrent, Christian Bale n’en finit pas de démontrer l’éclectisme de son répertoire. Ils sont entourés par l’excellent Michael Caine personnifiant une certaine sagesse, David Bowie apportant sa part de mystère et la ravissante Scarlett Johansson qui se contente ici d’un rôle de faire-valoir.

L’atout du Prestige repose sur sa capacité à vouloir bluffer le spectateur et à ne pas faire mentir le célèbre adage sur les apparences. Illusionniste de l’écran, le cinéaste entretient savamment le suspense et réussit un brillant tour de passe-passe. Et l’on se dit qu’il y a forcément un truc.
PULSE (2006) de Jim Sonzero avec Kristen Bell, Ian Somerhalder.

Depuis plusieurs années, les studios hollywoodiens témoignent d’un essoufflement en matière de créativité en livrant de nouvelles versions de leurs propres classiques (La nuit des morts-vivants, Massacre à la tronçonneuse pour ne citer qu’eux). Cherchant à exploiter de nouveaux filons, les producteurs se sont tournés vers le répertoire fantastique asiatique et notamment les "histoires de fantômes japonais". Le bal des remakes a été ouvert avec les Ring, The Grudge et Dark Water. Le pays du soleil levant inspire de nouveau ce Pulse basé sur l’intrigue de Kaïro mis en scène par Kiyoshi Kurosawa, l’un des maîtres de la terreur avec Hideo Nakata. Un thriller surnaturel dont l’état d’esprit laissait discerner une métaphore sur la solitude.

L’histoire nous entraîne dans un campus où Mattie, une étudiante en psy tente de découvrir la vérité sur une vague de suicides inexplicables. Ainsi le décor est planté avec en arrière-plan, une certaine réflexion sur l’accoutumance de la société aux technologies modernes (téléphones cellulaires et internet) et l’aspect virtuel de ces formes de communication qui participent à l’isolement progressif de la jeune génération. Mais dès les premiers instants, le premier long métrage de Jim Sonzero se montre trop démonstratif pour illustrer ce propos qui s’estompe à mesure que le récit avance.

Le constat sur ce film est donc navrant et dénote d’une carence d’imagination à différents niveaux. A commencer par l’histoire qui dévoile un peu trop vite ses fantômes, là où la suggestion aurait donné un meilleur résultat en faisant monter la tension. On remarque aussi le degré d’idiotie hors normes de ces étudiants qui ont une fâcheuse tendance à se précipiter dans la gueule du loup. Afin de plonger le spectateur dans une atmosphère à priori oppressante voire angoissante, le réalisateur venant de la publicité, utilise sa palette d’effets de style, d’images chocs appuyés par une photographie couleur cendre. Mais il finit par fatiguer les rétines avec ses spectres épileptiques dont les apparitions sont précédées par des grincements de vieux matelas. Le dernier point faible porte sur les acteurs Kristen Bell (Veronica Mars) et Ian Somerhalder (Boone dans Lost) qui assurent le minimum syndical et ne tentent même pas de sauvegarder le peu d’intérêt du film. Tout ce que l’on en retiendra, ce sont quelques plans apocalyptiques dans la dernière partie et une révélation finale pas vraiment surprenante si l’on est coutumier du genre.

Par son absence d’ambition autant visuelle que scénaristique, Pulse ressemble à un produit calibré qui remplit les critères d’un slasher moyen avec sa dose de paranormal. Dommage que le sujet au potentiel intéressant soit gâché par un traitement aussi maladroit. Il reste toutefois cette curiosité cinéphilique qui peut pousser à découvrir l’original certainement plus subtil.
LE REGNE DU FEU (2002) de Rob Bowman avec Christian Bale, Matthew McConaughey, Gerard Butler, Izabella Scorupco.

Londres, 2008. Le jeune Quinn va retrouver sa mère sur le chantier de construction d’une nouvelle ligne de métro. Lors d’une excavation, un dragon qui hibernait, se réveille et s’échappe du tunnel. Vingt ans plus tard, le dragon et sa descendance ont dévasté la planète tandis que Quinn retranché dans une forteresse, est devenu le chef d’une communauté dont il doit assurer la survie. Un jour, Van Zan, un militaire américain débarque avec ses blindés en prétendant connaître le moyen de terrasser les cracheurs de feu.

Rob Bowman est un familier de la série X-Files pour en avoir réaliser plusieurs épisodes ainsi qu’un long métrage en 1997. Il s’est attaché cette fois à faire renaître de ses cendres, une créature légendaire issue des récits médiévaux dont les apparitions cinématographiques n’ont pas toujours été flamboyantes : parmi les meilleures figurent Le dragon du lac de feu et Cœur de dragon tandis que la palme de la médiocrité revient à Donjons & Dragons.

L’affiche aguichante promettait des destructions à échelle planétaire avec des combats aériens entre dragons et hélicoptères de l’armée. La crainte était alors de voir se profiler un ersatz de Godzilla ou de Independance Day. Fort heureusement, Rob Bowman a choisi de ne pas abuser des effets spéciaux, pourtant très convaincants. En effet, les dragons évoluent en nombre limité mais leur allure est assez effrayante (l’animation est digne du T-Rex de Jurassic Park) afin de les rendre crédibles dans les scènes d’action, leurs silhouettes dans le ciel étant suffisante pour laisser planer le danger en permanence. Pour éviter les explosions en masse et poser les jalons de son histoire, le réalisateur opère sa transition explicative entre les époques par le biais de la voix-off du héros, des cartes satellites et des articles de presse. Ainsi, il peut concentrer son récit sur une communauté désemparée sous la domination des sauriens volants qui lutte pour ne pas mourir affamée.

Les deux héros représentent la parfaite opposition tout en se complétant : l’étonnant Christian Bale qui a fait du chemin depuis L’Empire du soleil, incarne un chef britannique soucieux de préserver les siens tandis que Matthew McConaughey, aux antipodes de ses rôles de séducteur mais frôlant parfois la caricature, campe un gradé américain tatoué au regard empreint de folie voulant casser du dragon.

Le film se situe au croisement de l’Heroïc Fantasy et de l’aventure post-apocalyptique : le climat y est pessimiste, l’image couleur cendre est seulement illuminée par le souffle de la bête et les espaces sont certes limités mais très bien exploités. Certains plans offrent de véritables visions de chaos comme ce dragon surplombant le château enflammé ou cette horde volante au-dessus d’un Londres en ruines. De plus, le rythme ne faiblit pas un seul instant malgré quelques situations prévisibles et ne s’encombre d’aucun conflit sentimental. Les séquences s’enchaînent à vive allure (notamment une vertigineuse scène de chasse aérienne) et accumulent les morceaux de bravoure jusqu’à l’ultime affrontement dont l’esprit chevaleresque fait allusion à la célèbre illustration de Saint Georges combattant le dragon.

Sans toutefois être épique, ce mélange de fiction futuriste et de conte moyenâgeux constitue un divertissement de bonne facture servi par des acteurs inspirés et des effets numériques soignés, se permettant au passage un petit clin d’œil amusant à L’Empire contre-attaque.
SIXIEME SENS (1999) de M.Night Shyamalan avec Bruce Willis, Haley Joel Osment, Toni Collette, Olivia Williams.

Malcolm Crowe, psychanalyste pour enfants, s’intéresse de très près au cas du jeune Cole Sear, un enfant de huit ans perturbé par des visions fantasmatiques. Alors que sa vie conjugale bascule peu à peu, Malcolm met tout en œuvre pour faire sortir son jeune patient de son mutisme. Par la suite, la vérité que lui avouera Cole s’avérera bien plus effroyable…

Avec ce thriller teinté de surnaturel, Bruce Willis jusqu’alors cantonné dans le film d’action spectaculaire, nous offre ici sa meilleure composition et prouve qu’il sait faire autre chose que de salir son marcel (cf. les péripéties de John McClane). Il y interprète un médecin sensible et très sobre qui espère trouver la rédemption en aidant son jeune patient. Quant au petit prodige de onze ans, Haley Joel Osment (apparu aux côtés de Tom Hanks à la fin de Forrest Gump), il est tout simplement épatant et se révèle à jeu égal avec son partenaire. Pour preuve, sa performance lui a valu d’être nominé à l’Oscar du meilleur second rôle.

Ecrit et mis en scène par un réalisateur d’origine indienne, cette histoire habile empreinte de spiritualité ne laisse aucun détail ni aucune faiblesse scénaristique au hasard. Une excellente intrigue baignant dans une atmosphère oppressante, qui privilégie une mise en scène suggestive et dont l'angoisse monte crescendo jusqu’à l'ultime minute (où l’effet de surprise reste total). Outre l’histoire d’amitié entre l’enfant et son thérapeute, l’auteur amène à une réflexion sur l’absolue nécessité de la communication entre les individus tout en ranimant nos plus profondes terreurs d’enfance.
SKY HIGH : L’ECOLE FANTASTIQUE (2006) de Mike Mitchell avec Kurt Russell, Kelly Preston, Michael Angarano.

Alors que les grosses pointures du catalogue Marvel sont en phase d’être toutes adaptées, voilà que l’on s’intéresse à un autre aspect des super-héros : celui de la dérision. Commencé avec Mystery Men (1999) et ses héros ringards, la parodie a continué avec le film d’animation Les Indestructibles (2004) et plus récemment Ma super ex (2005).

Produit par Disney, ce conte suit les premières aventures extraordinaires du jeune Will Stronghold, fils des promoteurs immobiliers Steve et Josie alias les célèbres Le Commandant et Jetstream, sauveurs de l’humanité. Will intègre Sky High, une école réputée pour former l’élite des super-héros et des acolytes.

S’ouvrant sur des cases de bd présentant les exploits des parents de Will, l’histoire rassemble un véritable festival de références qui vont de X-Men aux 4 Fantastiques en passant par Superman et autres Batman sans oublier un zeste d’Harry Potter. Quelques apparitions savoureuses comme celles de Lynda Carter (clin d’œil à Wonder Woman) en directrice et Bruce Campbell (figurant dans Spider-Man 1 & 2) en entraîneur viennent agrémenter le récit. Afin d’appuyer un côté humoristique proche des cartoons, les scénaristes imaginent des élèves aux pouvoirs parfois saugrenus. De plus, les effets spéciaux affichent ce cachet années 80 qui contribue au charme du film.

L’intrigue contient aussi son lot d’éléments inhérents à l’adolescence : le premier amour, la rivalité, la relation avec les parents et un certain regard sur le rang social. Bien sûr comme dans tout Disney, les personnages véhiculent les bons sentiments et toutes sortes de valeurs. Même si il ne faut pas s’attendre à un coup de théâtre final renversant, cette comédie familiale est suffisamment rythmée et inventive pour garantir un spectacle honnête. A cet ensemble s’ajoute la prestation de Kurt Russell (le Snake Plissken de John Carpenter) parfois affublé d’un costume volontairement kitsch et qui réussit un beau contre-emploi dans le registre comique.

Sans toutefois baigner dans l’originalité, cette école fantastique assure un bon moment de divertissement qui devrait plaire aux petits et grands enfants. Peut-on dire pour autant que Sky High soit une œuvre opportuniste en compilant tout ce qui fait l’attrait des comics ? Au spectateur de juger.
THE GRUDGE 2 (2006) de Takashi Shimizu avec Amber Tamblyn.

En 2004, sous la houlette du producteur Sam Raimi, Takashi Shimizu a réalisé le remake de son propre film Ju-on. Cette suite voit le retour de Kayako, la dame grinçante aux cheveux longs et de son gamin miaulant à la figure blême dont les victimes meurent littéralement de peur.

Karen Davis a été confrontée à ces fantômes hantant une bâtisse située à Tokyo. Sa sœur Aubrey lui rend visite à l’hôpital et tentera de comprendre ce qui s’est passé dans cette mystérieuse maison.

Après une bande-annonce plutôt prometteuse et assez flippante, on constate que le produit final ne se montre pas du tout à la hauteur des attentes. La malédiction semble bien planer sur le spectateur. Et cela dès le démarrage, les dialogues sont affreusement plats, le ressort dramatique ne fonctionne pas et les effets sont usés jusqu’à la corde (clins d’œil à Shining et même Ring). Et le comble, les scènes censées créer une tension provoquent plus de rires que de frayeurs. Ecrit pour tenir dans un format d’1h30 (sans les génériques), le scénario propose trois histoires en parallèle sans jamais prendre le temps de les développer et de ce fait, le dernier quart d’heure sombre dans le grand n’importe quoi. Il faut ajouter à cet ensemble, le manque évident de conviction de ces jeunes acteurs inconnus. Quant à Sarah Michelle Gellar, elle revient ici faire de la figuration en tant qu’argument marketing. A ce propos, le long métrage peut déjà concourir dans la catégorie "nanar" aux prochains Oscars.

Si le premier film avait réussi à atteindre son but en distillant subtilement sa dose de terreur, cet opus rate sa cible sur toute la ligne avec son récit à dormir debout et brille surtout par son inutilité. A réserver à ceux ou celles qui frémissent avec des grincements de planchers, des violons stridents et autres apparitions spectrales sans surprise.
VIDOCQ (2006) de Pitof avec Gérard Depardieu, Guillaume Canet, André Dussolier.

Paris, 1830. Vidocq, ex-bagnard reconverti en chef de la sûreté, est assassiné au terme d’une confrontation, avec un mystérieux individu portant un masque de verre. Etienne Boisset, un jeune journaliste part sur les traces du meurtrier accumulant les indices et les témoignages. Son enquête le mènera dans les bas-fonds de la capitale…

Né à Arras, Eugène François Vidocq (1775-1857) a réellement vécu au XIXème siècle. Il a inspiré à Victor Hugo, le personnage de Jean Valjean pour Les misérables et à Honoré de Balzac, celui du père Vautrin pour Le père Goriot. Le romancier Arthur Bernède (également auteur de Belphégor) en a fait le héros d’une série de romans-feuilletons qui ont donné naissance à plusieurs adaptations : un long métrage de Jacques Daroy en 1938 et trois séries (Jean Kemm en 1922, Marcel Bluwal et Claude Loursais en 1967 puis en 1971). Les visages les plus familiers de Vidocq étant ceux de Bernard Noël et Claude Brasseur.

Spécialiste des effets spéciaux, Pitof est le complice de Marc Caro (qui s’est occupé de la création graphique des personnages) et de Jean-Pierre Jeunet (dont il a assuré la réalisation de la seconde équipe sur Alien, la résurrection en 1997). Le cinéaste (dont c’est la première réalisation) s’est associé à Jean-Christophe Grangé (Les rivières pourpres) pour l’écriture du script qui ne raconte pas la vie tumultueuse de Vidocq mais se présente comme un nouvel épisode sur grand écran. Le film entièrement tourné en numérique, baigne dans une atmosphère baroque, à l’esthétisme appuyé notamment dans le contraste pictural. Dans la catégorie gros budget et effets spéciaux, Vidocq s’inscrit dans la lignée de films comme Le pacte des loups et Belphégor.

Le récit commence par la mort du héros puis s’oriente vers une enquête parsemée de retours en arrière. Dans les passages situés dans les bas-fonds, les références font inévitablement penser à l’univers d’Eugène Sue dans Les mystères de Paris. De fil en aiguille, on en arrive au méchant de service, l’odieux Alchimiste (dont l’accoutrement évoque quelque peu celui du célèbre fantôme de Louvre). L’ultime révélation tombe au même titre que le masque, sabotant brusquement tout l’intérêt de l’intrigue par un sordide retournement de situation. Quant aux acteurs, Gérard Depardieu devenu incontournable pour incarner des figures emblématiques (Christophe Colomb, Cyrano de Bergerac, Colonel Chabert, Jean Valjean ou plus récemment, le comte de Monte Cristo) reste en retrait afin que les seconds rôles ne soient pas écraser par son imposante stature. Malheureusement, ceux-ci, hormis l’excellent André Dussolier, ambigu à souhait sous les traits du préfet, ne semblent pas absorber par le feu de l’action. Les effets spéciaux sont quant à eux, très soignés et ne nourrissent pas l’histoire comme on pourrait le supposer. Malheureusement, on a droit à quelques scènes d’arts martiaux (cf l’affrontement entre Vidocq et l’Alchimiste) qui nuisent à la crédibilité du contexte historique.

Au final, le verdict est partagé entre la tolérance pour un nouveau metteur en scène cherchant à innover en se démarquant des actuelles productions françaises dites commerciales et un scénario recelant quelques éléments intéressants, dont l’irruption du surnaturel vient entacher le script.
X-FILES : REGENERATION (2008) de Chris Carter avec David Duchovny et Gillian Anderson.

La série X-Files (Aux frontières du réel) a été créée par Chris Carter et comporte 9 saisons (1993-2002) soit 201 épisodes. Affectés dans le bureau des affaires non classées, les agents du FBI, Fox Mulder (David Duchovny) et Dana Scully (Gillian Anderson) enquêtent sur les phénomènes paranormaux et surtout extra-terrestres. Des personnages comme Walter Skinner (Mitch Pileggi), l'homme à la cigarette (William B. Davis) ou Alex Krycek (Nicholas Lea) feront des apparitions régulières ainsi que certains informateurs de l'ombre. En 1998, le film X-Files : Combattre le futur réalisé par Rob Bowman faisait la liaison entre les saisons 5 et 6. A partir de la saison 8, le couple est rejoint par les agents John Doggett (Robert Patrick) et Monica Reyes (Annabeth Gish). L'ambiance paranoïaque basée sur la théorie du grand complot a fait la popularité du show à l'instar de son slogan : La vérité est ailleurs. Chris Carter a produit en 2001 une série dérivée intitulée Au coeur du complot composée de 13 épisodes mettant en scène les Bandits solitaires, le trio complice de Mulder. Il est également l'auteur de Millennium (1996-1999, 67 épisodes) avec Lance Henriksen et de Harsh Realm : Le Royaume (1999-2000, 9 épisodes).

Cela fait six ans que Fox Mulder est tombé en disgrâce auprès du FBI qui a lancé un avis de recherche pour sa capture. Quant à sa partenaire Dana Scully, elle est retournée dans le domaine de la recherche médicale. Suite à la disparition d’un agent du FBI, Mulder se voit offrir une chance de réhabilitation si il coopère avec un prêtre pédophile qui a des visions extra-lucides en rapport avec la disparition. Il n’est donc pas question de mythologie E.T. cette fois comme ce fut le cas avec le précèdent long métrage Combattre le futur mais d’une intrigue basée sur le mythe du docteur Frankenstein.

Ecrit par Chris Carter en personne, le scénario met l’accent sur la relation et les états d’âme du couple vedette, relèguant bien vite au second plan cette obscure affaire d’enlèvement. Le voile sur le mystère est levé à mi-parcours et le suspense devient inexistant. Derrière la caméra, Chris Carter ne se soucie pas de soigner la mise en scène et peine à insuffler un quelconque rythme ou une ambiance à un récit peu captivant et émaillé d’incohérences (des pistes vite découvertes) ou d’ellipses (le vétéran Skinner arrive comme un cheveu dans la soupe). Au terme du visionnage de ce banal thriller, on se demandera l’intérêt d’une exploitation en salles de cette suite qui ne vaut en définitif guère plus qu’un double épisode. "I Want to Believe" scande le titre original, nous aussi on aurait aimé y croire.

David Duchovny et Gillian Anderson retrouvent leur rôle fétiche et s’impliquent avec conviction dans un registre qui leur est bien familier. Un duo qui est caractérisé par une opposition faisant leur force : le scepticisme scientifique et cartésien de Scully face à la foi inébranlable dans le surnaturel de Mulder. Mulder qui n’a d’ailleurs rien perdu de son humour mordant. On ne peut pas en dire autant des personnages incarnés par Amanda Peet, Billy Connolly et le rappeur Xzibit qui bien qu’offrant une prestation assez sobre servent principalement de faire-valoir.

Malgré la satisfaction de revoir leurs héros réunis, les nostalgiques de la série culte ne pourront ressentir qu’une déception à la hauteur de leurs attentes en raison du manque d’ambition tant artistique que scénaristique de l’entreprise. Un troisième opus est déjà évoqué avec peut-être l’invasion extra-terrestre planifiée pour 2012. Le bureau des affaires non classées devrait-il rester fermé ? Au vu de cette vaine tentative de ranimer l’esprit de la série, on penchera en faveur du oui.