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ADAPTATIONS
300 (2007) de Znack Snyder avec Gerard Butler, Michael Fassbender, David Wenham, Dominic West, Lena Headey.

De sueur et de sang.

Auteur de L’armée des morts (remake du Zombie de Romero), Zack Snyder s’est donné pour objectif d’adapter le roman graphique 300 créé en 1998 par Frank Miller (Sin City, Elektra et Batman) et Lynn Varley. Un défi qui n’était certes pas des plus faciles à relever vu l’ampleur de l’entreprise. Car 300 relate la bataille des Thermopyles, un célèbre fait d’arme de l’antiquité qui fut évoqué dans les récits historiques d’Hérodote. Il y eut également un précèdent en 1962 avec un long métrage signé Rudolph Maté.

En l’an 480 avant Jésus Christ, 300 guerriers spartiates menés par le roi Léonidas affrontèrent l’armée perse (actuelle Iran) du roi Xerxès composée de milliers de soldats. Un acte de bravoure qui motiva l'alliance des grecs contre l'oppresseur.

Dès les premières images, le spectateur est prévenu et sait qu’on ne le ménagera pas à l’instar de l’enfant-roi qui grandit en recevant une éducation des plus rudes. A la reconnaissance par son peuple succède le refus de se soumettre puis le départ pour la côte où sa garde personnelle tentera de repousser l’envahisseur. Incarné avec force par le charismatique Gérard Butler, Léonidas déploie son art de la stratégie pour contrer les différentes attaques. En terme de spectacle, le caractère épique n'est pas oublié. Les affrontements s’avèrent réalistes par leur violence graphique (les effets gores ne sont pas épargnés) et se permettent une intrusion dans l’héroïc fantasy par le biais d’une galerie de monstres aussi effrayants que redoutables.

En outre, le film de Snyder éblouit par ses partis pris esthétiques. La photographie passant du bleu au sépia selon le contexte. Tourné entièrement sur fond bleu afin de coller au plus près de l’ambiance de la bande-dessinée, 300 possède une étrange beauté picturale que ne renieraient pas certaines peintures antiques. Toutefois, on pourra reprocher à Snyder une tendance à la surstylisation (notamment des ralentis abusifs) et l’utilisation d’une voix-off redondante qui finit par alourdir la narration. A ce titre, les séquences de bataille sont tempérées par une intrigue politique autour de la reine Gorgo (impressionnante Lena Headey).

Comme tout péplum qui se respecte, 300 se veut une histoire dédiée au courage de ces combattants qui périrent dans l’honneur et pour leurs idéaux. Malgré l’absence de réels enjeux dramatiques, 300 s’affiche comme un divertissement rythmé dont la sécheresse de la mise en scène n’a d’égal que son identité visuelle.
CAPTAIN AMERICA: FIRST AVENGER (2011) de Joe Johnston avec Chris Evans, Hayley Atwell, Hugo Weaving.

Créé en 1940 par Joe Kirby et Joe Simon pour Timely Comics (ancêtre de Marvel), le héros au costume et au bouclier assortis aux couleurs du drapeau américain était l'équivalent patriotique de Superman chez DC Comics. Captain America débuta dans le premier numéro publié en mars 1941. A l'écran, le personnage eu d'abord les traits de Dick Purcell dans le serial de 1944 réalisé par Elmer Clifton et John English avant d'être incarné par Reb Brown dans les deux films de Rod Holcomb et Ivan Nagy en 1979 puis il est campé par Matt Salinger dans la version signée Albert Pyun en 1990.

Ayant déjà exploré l'univers du comic-book avec Rocketeer, Joe Johnston récidive avec le premier super-héros marvellien. Durant la seconde guerre mondiale, le frêle Steve Rogers accepte d'être le cobaye d'une expérience secrète qui fait de lui un super-soldat ayant pour mission de combattre l'organisation secrète de l'HYDRA et son âme damnée, Red Skull. L'adaptation apparaît comme une réussite car en plus d'être fidèle au matériau d'origine, le scénario se focalise sur la personnalité de Steve Rogers plutôt que de mettre en valeur son alter-ego costumé qui accomplit néanmoins ses exploits avec son légendaire bouclier dans les moments de bravoure. L'autre point fort réside dans la performance de Chris Evans qui se fond littéralement dans le personnage. D'ailleurs, on a déjà hâte de le retrouver en leader des Vengeurs pour 2012.
CONAN LE BARBARE (2011) de Marcus Nispel avec Jason Momoa, Rachel Nichols, Stephen Lang.

Icône de l'Heroïc Fantasy, Conan le Cimmérien a été imaginé par le romancier Robert E. Howard en 1932 dans les pages du pulps Weird Tales regroupant plusieurs nouvelles. Arnold Schwarzenegger lui a prêté ses traits dans Conan le Barbare (1981) de John Milius puis dans Conan le Destructeur (1984) de Richard Fleischer. Le personnage a été ensuite incarné par le culturiste Ralf Moeller dans une série de 21 épisodes (1997-1998). En 2000, le projet d'un troisième volet (King Conan: Crown of Iron) avait vu le jour.

Seul survivant du massacre de son village, Conan traverse le continent d'Hyboria afin de se venger du cruel Khalar Zym. Si John Milius avait si brillamment transposé l'épopée d'heroic fantasy, Marcus Nispel ne semble pas en avoir compris le potentiel car son adaptation fait office de pâle téléfilm de luxe avec un monolithique Jason Momoa. L'intrigue est prévisible de bout en bout, les combats portés sur l'hémoglobine sont chaotiques et les décors manquent de caractère épique. Cette version 2011 s'avère plus barbante que barbare.
CONSTANTINE (2005) de Francis Lawrence avec Keanu Reeves, Rachel Weisz.

John Constantine est un personnage issu de Vertigo, label pour adultes de DC Comics. Créé par Alan Moore, scénariste de la bd contemporaine (From Hell et La Ligue des Gentlemen Extraordinaires), Constantine est un détective anglais spécialisé dans les forces occultes et les phénomènes surnaturels. Il est blond (son concepteur s’est inspiré du chanteur Sting pour le physique), vêtu d’un imperméable beige chiffonné (non ce n’est pas le fils spirituel de Columbo) et également doué de perceptions extra-sensoriels. Ce marginal froid et cynique à la personnalité complexe voire ambiguë (notamment un tempérament autodestructeur), a débuté dans les pages de Swamp Thing #37 (La créature des marais) publiées en juin 1985 puis est devenu le héros du comic-book Hellblazer à partir de janvier 1988 sous la plume de Jamie Delano.

Alors qu’en est-il de cette transposition sur le grand écran ? Car adapter est toujours un exercice difficile. La tâche en revient à un réalisateur issu du monde de la vidéo musicale nommé Francis Lawrence.

L’histoire se déroule à Los Angeles, Constantine est un rescapé de l’enfer devenu chasseur de démons par intérêt personnel et un mort en sursis. Il est contacté par Angela Dodson, une femme policier incrédule qui veut élucider la mort mystérieuse de sa soeur jumelle. Leur enquête les mènera dans un monde peuplé de créatures démoniaques.

A partir du moment où le film n’est pas comparé avec le comics, Constantine peut se prétendre être une bonne série B fantastique divertissante qui remplit bien le cahier des charges. Mais lorsqu’il franchit le seuil, ça se dégrade et les défauts deviennent légions : à commencer par la présence de Keanu Reeves et la relation avec Matrix comme par exemple, les aller-retour en enfer ou le côté mystique du personnage (les initiales JC comme le Christ). L’acteur, physiquement aux antipodes de son modèle de papier, ne parvient pas vraiment à faire éprouver une certaine antipathie car Constantine se veut bien un anti-héros sarcastique, blasé et intéressé. Le scénario rappelle par certains aspects (l’ambiguïté de l’ange Gabriel) le méconnu Prophecy avec Christopher Walken. De plus, le final tire en longueur et atteint des rares sommets dans le ridicule : le héros flingue les anges et les démons à coup de mitrailleuse en forme de crucifix puis survient l’apparition de "Lulu" (Lucifer joué par Peter Stormare). Les ultimes minutes achèvent de trahir l’esprit de la bd et remettent en question, la nature de fumeur invétéré du personnage.

Un bon point pour Francis Lawrence qui a le mérite de ne pas utiliser les habituels effets de styles et autres plans épileptiques inhérents à ce genre de production. Quant à Rachel Weisz, qui a déjà été la partenaire de Keanu Reeves dans Poursuite, elle se montre à la hauteur de son rôle d’inspectrice confrontée au paranormal. On soulignera aussi la présence de quelques éléments originaux : avoir intégré le mythe de la lance du destin à une intrigue baignant dans une ambiance glauque et gothique renforcée par une photographie soignée et surtout proposer une vision de l’enfer très picturale.

Dommage que ce personnage pourtant intéressant soit un peu trop passé par le filtre hollywoodien. Dans le genre, on recommandera l’angoissant Angel Heart d’Alan Parker avec Mickey Rourke.
COWBOYS & ENVAHISSEURS (2011) de Jon Favreau avec Daniel Craig, Harrison Ford.

Jon Favreau adapte librement le roman graphique de Scott Mitchell Rosenberg. Jake Lonergan est contraint de faire équipe avec son pire ennemi, le colonel Dolarhyde pour retrouver les habitants du comté d'Absolution enlevés par les extra-terrestres. Daniel Craig en paria et Harrison Ford en tyran s'associent dans un western teinté de science-fiction où l'aventure un tantinet dépaysante est menée sans temps mort et bénéficie d'effets spéciaux corrects tout en exploitant les codes du genre. Le film remplit donc modestement son contrat à défaut de faire preuve d'imagination.
DOCTOR STRANGE (2016) de Scott Derrickson avec Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor, Tilda Swinton, Mads Mikkelsen.
Brillant neurochirurgien mais arrogant et égocentrique, Stephen Strange est victime d'un accident de voiture qui l'empêche de pratiquer la médecine. Il part au Népal en quête du Tamar-Kaj où il rencontre l'Ancien qui accepte de lui enseigner les sciences occultes et la magie. En parallèle, Kaecilius, un ancien disciple et ses partisans, les Zealots tentent de rallier une puissante entité.
D'abord baptisé Mister Strange, le Docteur Strange est imaginé par Stan Lee et Steve Ditko dans la revue Strange Tales #110 parue en juillet 1963. Il porte le titre de maître des arts mystiques ou de sorcier suprême dans la culture Marvel. En 1978, une première adaptation est signée Philip DeGuere sous la forme d'un téléfilm qui devait être le pilote d'une série où Peter Hooten jouant un psychiatre sorcier déguisé en Shazam s'opposait à la diabolique fée Morgane issue de la légende Arthurienne. L'idée de porter le super-héros sur grand écran germe en 1986 avec un script de Bob Gale, co-créateur de Retour vers le futur. Les décennies suivantes voient les droits circuler entre sociétés de production, ralentissant constamment la mise en chantier malgré l'intérêt de réalisateurs comme Wes Craven (Les Griffes de la nuit), Chuck Russell (The Mask) ou Stephen Norrington (Blade) et l'implication du scénariste David S. Goyer (The Dark Knight). Une version non-officielle intitulée Doctor Mordrid est même produite en 1992 par Charles Band avec Jeffrey Combs (Re-Animator). En 2014, le projet prend une direction sérieuse avec le recrutement de Scott Derrickson, coutumier du registre de l'épouvante puis de nombreux acteurs (dont Joaquin Phoenix) sont auditionnés ou listés.
En cette décennie d'overdose de comics transposés, les studios Marvel changent de rayon pour la troisième phase en s'éloignant du terrien et du cosmique pour se projeter dans le multidimensionnel. Ce quatorzième opus du MCU dépeint les origines initiatiques du héros débutant par sa découverte du plan astral. Le scénario se montre respectueux de la mythologie empreinte d'onirisme et de ce parcours aux accents philosophiques. A l'instar, le visuel propose une imagerie subtile pour les différentes techniques de magie où le temps peut devenir un allié précieux contre les ténèbres. Certaines séquences "psychédéliques" et le final renvoyant d'ailleurs aux planches colorées de Steve Ditko. Seuls les passages où la réalité se distord paraissent moins inspirés, trop influencés par la virtualité d'Inception ou de Matrix. Le résultat s'avère pourtant convaincant car le spectateur se retrouve en totale immersion, emporté par une narration particulièrement rythmée. Comme d'habitude, l'initié sera servi en clins d'œil et par un doublé post-générique désormais traditionnel.
Vêtu d'une cape parfois capricieuse, Benedict Cumberbatch donne corps et âme à ce magicien en lui prêtant sa prestance naturelle ainsi qu'un caractère moins sombre et plus humoristique que son modèle papier. Dans son entourage, Tilda Swinton en sorcière suprême et Chiwetel Ejiofor alias Mordo s'accommodent talentueusement à cet univers. La faiblesse provenant du côté ténébreux avec un Mads Mikkelsen sous exploité et incarnant un Kaecilius dont les motivations restent nébuleuses même si son passé douloureux est conté dans un prequel comic-book. L'histoire ne laisse guère plus de place aux rôles de Rachel McAdams en infirmière et Benedict Wong en bibliothécaire.
En dépit de quelques réserves récurrentes dans le MCU, Doctor Strange surprend en apportant un peu de fraîcheur alors que les adaptations médiocres ont dominé cette année. L'efficacité, la conviction et le spectaculaire à dose modérée constituant les ingrédients d'une bonne potion magique.
FROM HELL (2001) de Albert et Allen Hughes avec Johnny Depp, Heather Graham, Robbie Coltrane, Ian Holm.

Londres, 1888. Un tueur en série surnommé Jack l’Eventreur rôde la nuit dans les rues malfamées du quartier de Whitechapel pour égorger des prostituées. Après la découverte de la première victime, l’inspecteur Frederick Abberline est chargé de l’enquête et découvre bientôt que ces meurtres sont rituels. Il parvient aussi à rallier à sa cause, Mary Kelly, l’une des prostituées.

En 1992, les frères Hughes débarquaient avec Menace II Society, un film coup de poing sur les ghettos américains. Pour leur nouveau long métrage, ils tentent le pari de transposer à l’écran la bande dessinée culte d’Alan Moore et d’Eddie Campbell (un pavé de près de 600 pages) réputée inadaptable, due en partie à sa violence graphique. Son titre From Hell (en provenance de l’enfer) est emprunté à l’entête d’une authentique lettre de Jack l’Eventreur, le premier tueur en série de l’histoire dont l’identité reste toujours une énigme.

Dans cette nouvelle variation à l’aura fantastique, les réalisateurs reprennent les thèmes qui leur sont chers : la pauvreté, la violence et la corruption. A travers l’Angleterre victorienne, ils confèrent au récit, une certaine dimension politique (la monarchie) et sociale (la prostitution). Dans une ambiance glauque et de magnifiques décors, on explore la piste d’un complot ourdi par les plus hautes instances et le rôle de la Franc maçonnerie. A l’image de la photographie très sombre, les personnages ne sont jamais tout à fait limpides. Avec en tête, un Johnny Depp très sobre dont la prestation rejoint celle des fins limiers de Sleepy Hollow et de La neuvième porte. Il y interprète un détective perspicace mais torturé et décadent dont les délires à l’opium nous valent quelques belles séquences oniriques. Dans la distribution, on retrouve également l’excellent Ian Holm (Alien, Greystoke) en médecin de la couronne qui se révèle ambigu à souhait.

Pour amplifier cette atmosphère, la mise en scène a parfois recours à des mouvements suggestifs de la caméra et des procédés visuels (effets de style, images chocs et scènes gores) mais qui ne plombent en aucun cas, le bon déroulement de l’intrigue. On notera au passage l’apparition de John Merrick, grossièrement appelé l’homme éléphant dont l’histoire bouleversante a été portée à l’écran par David Lynch. Sa présence amène à dresser un parallèle entre la monstruosité physique (pourtant empreinte d’une grande humanité) et celle, intérieure de la haute société londonienne (élitiste et immorale).

Les frères Hughes nous offrent une vision personnelle et modernisée de l’affaire Jack l’Eventreur que l’on conseillera à un public averti. From Hell n’est peut-être pas la meilleure version, n’épargnant pas les clichés du genre (le brouillard nocturne recouvrant les bas fonds de Londres) mais le scénario demeure assez riche et assure une bonne dose de terreur.
G.I. JOE : LE REVEIL DU COBRA (2009) de Stephen Sommers avec Channing Tatum.

Hollywod continue tristement de puiser dans tous les filons possibles et imaginables. Après les comics, les séries TV et les jeux vidéo, l'industrie s'est tournée depuis peu vers les dessins animés. Tout comme Transformers, la série d'animation G.I. Joe a été produite pour servir de support publicitaire à une gamme de jouets créée en 1964. Un avis est lancé parmi les nostalgiques avec cette adaptation sur grand écran.

Ainsi que peut-on attendre de ce blockbuster signé par le réalisateur de La Momie et Van Helsing ? Pas de se passionner pour une sempiternelle histoire de combat entre bons commandos et méchants terroristes aux panoplies high-tech car le scénario a été manifestement réduit au strict minimum à l'instar de la psychologie des personnages. Le seul mot d'ordre est de respecter le cahier des charges à la lettre. Le spectateur aura donc droit à son concentré d'adrénaline par le biais de séquences d'action débridées (la poursuite dans Paris ou la bataille sous la banquise façon Star Wars) avec le renfort d'effets spéciaux blindés frôlant parfois la surenchère et de filles en combinaison moulante (Scarlett/Rachel Nichols et la Baronne/Sienna Miller). Un ensemble qui tentera de dissimuler pendant un moment le jeu caricatural des acteurs (même si Dennis Quaid s'en sort honnêtement), les multiples incohérences et les rebondissements convenus qui jalonnent le parcours périlleux de nos héros.

Alors mission réussie pour l'équipe des G.I. Joe ? En partie seulement car il s'avère que le divertissement est parfaitement assumé et que le rythme haletant laisse très peu de place à l'ennui dans cet épisode qui appelle sans aucun doute une éventuelle suite.
GREEN LANTERN (2011) de Martin Campbell avec Ryan Reynolds, Blake Lively.

Imaginé par Bill Finger (l'un des créateurs de Batman) et Martin Nodell dans la revue All-American Comics #16 de juillet 1940 publiée chez DC Comics, le premier Green Lantern se nomme Alan Scott puis cède sa place à Hal Jordan dans le numéro 22 de Showcase édité en octobre 1959.

Dans cette adaptation signée Martin Campbell, le pilote Hal Jordan est choisi pour intégrer la corporation intergalactique des Green Lantern qui protège l'univers mais celle-ci est menacée par une entité maléfique nommée Parallax. En dépit d'un bel emballage, le film affiche son format de production standard sans réel intérêt en raison de personnages stéréotypés (Ryan Reynolds est sympathique mais restreint), d'effets spéciaux pas toujours réussis (Parallax aussi crédible que le Malebolgia de Spawn) et de scènes d'action peu enthousiasmantes. Certes, le long métrage se donne les moyens de divertir mais ce spectacle de lumières vertes peut finir par lasser à force.
K-20, L'HOMME AUX 20 VISAGES (2009) de Shimako Sato avec Takeshi Kaneshiro.

K-20 est adapté de la série littéraire The Fiend with Twenty Faces écrite par So Kitamura qui s'est inspirée de l’œuvre d’Edogawa Rampo.

En 1949, le monde n'a pas connu la seconde guerre mondiale et Teito est devenue la capitale impériale du Japon. L'aristocratie prospère tandis que la pauvreté s'accentue dans les banlieues. Voleur notoire et insaissisable, K-20 est passé maître dans l'art du déguisement afin de dérouter la police et projette de mettre la main sur une terrible invention. Les circonstances vont obliger l'acrobate de cirque Heichiki Endo à démasquer le célèbre cambrioleur fantôme.

Production à grand spectacle et d'un genre assez inhabituel au pays du soleil levant, K-20 propose une aventure mouvementée aux multiples rebondissements jusqu'à un final attendu mais inévitable. Le récit est saupoudré d'humour et agrémenté d'emprunts à l'univers du comic-book (The Shadow, V for Vendetta) mais n'évite pas quelques touches de mièvrerie. Mélangeant ambiance rétro et éléments uchroniques, le divertissement est parfaitement assuré pendant plus de deux heures grâce à de spectaculaires scènes d'action influencées par les voltiges du Parkour et un casting énergique dominé par le charismatique Takeshi Kaneshiro (remarqué dans Les 3 Royaumes de John Woo) qui endosse avec entrain le rôle du héros malgré lui. K-20 constitue donc une agréable surprise là où l'on pouvait craindre un film kitsch.
SOLOMON KANE (2009) de Michael J. Bassett avec James Purefoy.

On dit parfois que l'enfer est pavé de bonnes intentions et celles de Michael J. Bassett étaient visiblement d'adapter au mieux le célèbre pulps publié dans les années 30 par Robert E. Howard connu pour être le géniteur de Conan. Malheureusement, le résultat ne se montre pas à la hauteur car Solomon Kane ne dépasse pas le stade du téléfilm.

A la base, le récit au 16ème siècle d'un ancien soldat damné en quête de rédemption qui est forcé de reprendre les armes ou l'illustration du proverbe chasser le naturel et il revient au galop. A l'arrivée, une fresque médiévale au scénario bien trop linéaire qui pâtit d'un manque de rythme et dépourvue du moindre souffle épique que ce soit dans les décors ou les rares combats à l'épée. Idem pour les méchants sorciers et démons dont les rôles sont réduits à quelques figurations. James Purefoy (Marc-Antoine dans la série Rome) assure le mininum syndical et tente d'éviter la comparaison avec Hugh Jackman dans le médiocre Van Helsing. En dépit d'un potentiel intéressant, Solomon Kane affiche tous les défauts d'une série B d'heroic fantasy sans ambition.
THE AMAZING SPIDER-MAN : LE DESTIN D'UN HEROS (2014) de Marc Webb avec Andrew Garfield, Emma Stone.

Peter Parker est partagé entre son amour pour Gwen Stacy et une promesse faite au père de celle-ci. Alors que l'ingénieur Max Dillon est victime d'un accident, Peter renoue avec son ami Harry Osborn qui vient de prendre la succession d'Oscorp.

En 2012, Marc Webb démarrait une nouvelle série en signant un premier épisode assez indolent et arrivé trop tôt au regard de la précèdente trilogie. Le réalisateur revient derrière la caméra pour livrer un second opus possèdant un rythme davantage soutenu et des effets visuels de bonne facture exposant l'extraordinaire arachnéen plus proche du comic par son côté plaisantin. Hélas, l'ensemble montre vite ses limites à travers une écriture pratiquant l'ellipse et dans les séquences d'action au montage chaotique. De plus, la musique redondante de Hans Zimmer finit par agaçer.

Mais son plus gros défaut est d'avoir réitèré les erreurs du troisième volet de Sam Raimi. Le scénario cumulant les intrigues (la relation difficile du couple-vedette, le mystère des parents de Peter et la multiplication des super-vilains) sans prendre le temps de les développer et ainsi de poser de véritables enjeux dramatiques. A ce titre, la tragédie finale ne provoquera aucune émotion.

En outre, les personnages manquent de relief ou sont complètement négligés. Il faut avouer que l'indigence du script, les dialogues proches du poncif et l'humour infantile n'aident pas les acteurs. Andrew Garfield et Emma Stone font ce qu'ils peuvent pour sauver les meubles mais restent assez statiques. Jamie Foxx cabotine souvent au point de sombrer dans la caricature. Seuls, Dane De Haan (Chronicles) et Sally Field offrent des prestations honorables, l'un dans l'ambiguïté et l'autre tout en subtilité. Quant à Paul Giamatti, il se contente de faire le pitre durant quelques minutes.

Cette suite est loin d'être aussi "amazing" que son héros et démontre que la recette est éculée. Le résultat final atteint un tel niveau de médiocrité qu'il ne rend plus justice au matériau d'origine et s'apparente plus à une sorte de produit marketing destiné à préparer l'avenir mercantile de la franchise.
THE DARK KNIGHT (2008) de Christopher Nolan avec Christian Bale, Heath Ledger.

Batman a été créé par le dessinateur Bob Kane et le scénariste Bill Finger en mai 1939 dans la revue Detective Comics #27. L’histoire est celle de Bruce Wayne qui sous une identité secrète combat le crime dans la cité de Gotham. Le personnage a été principalement inspiré par les films The Bat (1926) de Roland West et Le Signe de Zorro (1920) avec Douglas Fairbanks.

Après les serials des années 40, le justicier a connu la notoriété grâce à la série télévisée (1966-1968) avec Adam West dans le rôle de Bruce Wayne/Batman et Burt Ward dans celui de son fidèle compagnon Dick Grayson/Robin. Succédant aux cartoons Hanna Barbera, la série animée (1992-1995) produite par Bruce Timm et Eric Radomski rencontra également un beau succès auprès des fans.

Sur le grand écran, Tim Burton a orchestré l'affrontement entre Batman (Michael Keaton) et Jack Napier alias le Joker (Jack Nicholson) dans Batman (1989) puis le justicier masqué était opposé au Pingouin (Danny DeVito), Catwoman (Michelle Pfeiffer) et Max Schreck (Christopher Walken) dans Batman : Le défi (1992). Joel Schumacher a dirigé Batman (Val Kilmer) et Robin (Chris O'Donnell) contre Harvey Dent/Double Face (Tommy Lee Jones) et Edward Nigma/L'homme-mystère (Jim Carrey) dans Batman Forever (1995) puis George Clooney a endossé la cape face à Arnold Schwarzenegger (Mister Freeze) et Uma Thurman (Poison Ivy) dans Batman & Robin (1997).

En 2005, Batman Begins avait redoré le blason d’une franchise ternie par les fantaisies visuelles de Joel Schumacher. Christopher Nolan avait offert une relecture moderne de l’une des icônes de la DC Comics. En signant cette séquelle (dont il est co-auteur du scénario avec son frère), le cinéaste se devait de relever un défi de taille : celui de mettre en images une suite plus audacieuse et ambitieuse. Un second volet qui voit Batman continuer sa croisade contre la pègre locale mais devant se heurter à un nouvel adversaire se faisant appeler le Joker dont l’unique dessein est de semer le chaos dans la cité de Gotham.

D’emblée, le spectateur est entraîné au cœur de l’action dans la scène d’ouverture (un braquage rappelant le prodigieux Heat de Michael Mann) puis le récit s’éloigne des conventions du film de super-héros pour s’ancrer dans la réalité d’un thriller urbain. Et ce n’est pas un héros qui apparaît à l’écran mais trois car Batman se met en retrait pour que le vaillant procureur Harvey Dent ("le chevalier blanc") et le brave commissaire James Gordon puissent appliquer la justice d’un point de vue légal. En effet, Bruce Wayne s’interroge sur les conséquences de ses actes suite à la vendetta meurtrière imposée par le machiavélique Joker. Par ce biais, l’intrigue invite à méditer sur les notions de justice et d’héroïsme. The Dark Knight se pose en œuvre sombre, torturée presque étouffée par le cynisme de son propos à l’image de ce troublant jeu de miroir entre un Batman poussé à bout et un Joker trop souriant lors d’un interrogatoire. Ce rapport si ambigu qu’entretient le bien avec le mal. Il manque toutefois à cet opus une étincelle d’émotion notamment dans tout ce qui gravite autour de Rachel et principalement sa relation avec le tandem Dent-Wayne qui laisse complètement indifférent.

Si la partie psychologie est dépeinte avec subtilité, le côté spectaculaire n’est pas négligé pour autant et le film ménage quelques plages d’action comme cette impressionnante course-poursuite dans les rues de Gotham. Les séquences de combat rapprochés (cf. le passage à Hong Kong) dévoilent une nette amélioration sur les plans visuel et technique. Seul point noir : l’aspect high-tech de la panoplie de Batman évoquant parfois des accessoires à la James Bond.

Mais le plus grand atout du long métrage réside dans la remarquable prestation des comédiens. Christian Bale endosse les deux personnalités du justicier avec son flegme habituel tandis que Heath Ledger livre une composition hallucinante de psychopathe plus glauque et moins déjantée que celle du génial Jack Nicholson. Gary Oldman impose une forte présence mais la mention spéciale revient à Aaron Eckhart qui passe du charismatique procureur au cauchemardesque Double-Face (vilain malheureusement peu exploité ici) avec une incroyable aisance. Quant aux impeccables Michael Caine et Morgan Freeman, ils incarnent la bonne conscience qui maintient notre héros du bon côté.

Selon le spectateur, l’adhésion sera totale ou non à ce nouveau chapitre empreint de pessimisme. Le climat d’austérité, la richesse des personnages et le potentiel scénaristique pourraient en dérouter plus d’un et certains regretteraient même la magie poétique de l’univers fantasmagorique du diptyque de Tim Burton. Et si l’on ressent une soudaine mélancolie après la vision, qu’on se rassure. Le chevalier du crépuscule passera encore des nuits blanches à sauver la veuve et l’orphelin, témoignant que sa légende est toujours vivante.
THOR (2011) de Kenneth Branagh avec Chris Hemsworth, Natalie Portman.

Inspiré par la mythologie nordique et germanique, le dieu du tonnerre est apparu sous le crayon du duo Stan Lee/Jack Kirby dans la revue Journey into Mystery #83 publié en août 1962. Fils du souverain Odin et natif du royaume d'Asgard, Thor est envoyé sur Terre sous l'identité du docteur Donald Blake, un simple mortel amnésique. La découverte du puissant marteau Mjolnir lui a révélé sa vraie nature et ses pouvoirs extraordinaires. Plus tard, il est devenu l'un des membres fondateurs des Vengeurs. Pour l'anecdote, Batman et Robin ont affronté un super-vilain nommé Thor armé d'un marteau ensorcelé dans Batman 127 d'octobre 1959. Après L'incroyable Hulk de Louis Leterrier et les deux Iron Man de Jon Favreau, Thor apporte une nouvelle pierre à l'édifice des Vengeurs prévus pour 2012.

Ayant provoqué volontairement un conflit entre les royaumes d'Asgard et de Jotunheim, Thor s'est attiré les foudres de son père Odin qui décide de le bannir en l'envoyant sur Terre. Destitué de ses pouvoirs, il est recueilli par un trio de scientifiques dans le Nouveau Mexique tandis que le Mjolnir, son puissant marteau est planté dans une roche. Pendant ce temps, son frère Loki complote pour s'emparer du trône.

Après une exposition sur la guerre ancestrale entre l'armée d'Odin et celle des Géants des Glaces dirigée par le roi Laufey, le récit se focalise sur le parcours initiatique d'un prince arrogant et belliqueux qui va devenir un héros altruiste et humble au contact de personnes charitables. Même si scénario s'écarte quelque peu du matériau d'origine (cf. le clin d'œil à Donald Blake), il en conserve la trame principale. Issu de l'école shakespearienne, Kenneth Branagh alterne entre le sérieux de l'intrigue Asgardienne et un ton plus léger pour la partie terrienne (Midgard dans le comics) où le caractère "viking" du personnage prête souvent à un humour qui fait mouche. Le côté spectaculaire n'est pourtant pas négligé avec plusieurs séquences épiques et des effets spéciaux plutôt réussis même si les scènes d'action apparaissent peu nombreuses et parfois trop courtes où de redoutables adversaires comme le Mangog ou le Destructeur sont hélas vite expédiés. Toutefois, la révélation du film est Chris Hemsworth totalement crédible dans le rôle auquel il apporte de la nuance et une certaine prestance. Si Anthony Hopkins (impérial de sagesse) et Tom Hiddleston (fourbe et ambigu) parviennent à lui tenir tête, les autres acteurs ne dépassent le stade du faire-valoir. La présence de Natalie Portman étant le prétexte à une idylle sans grand intérêt entre Jane Foster et le super-héros.

En dépit de quelques lacunes, Thor s'avère une bonne adaptation standard qui s'adresse autant à l'initié qu'au profane. Le long métrage n'omet pas d'inclure les diverses références (le caméo d'un célèbre archer joué par Jeremy Renner) à l'univers marvellien et cela jusque dans l'incontournable séquence post-générique. La prochaine étape de la saga sera constituée par l'arrivée du premier Vengeur alias Captain America.
TRANSFORMERS (2007) de Michael Bay avec Shia LaBeouf, Megan Fox, Josh Duhamel, Tyrese Gibson, Jon Voight, John Turturro, Rachael Taylor.

Les origines :

La guerre fait rage entre les Autobots d’Optimus Prime et les Decepticons de Mégatron sur Cybertron, une planète entièrement métallique et située bien au-delà du système solaire. Lassés par ce conflit interminable qui provoque la pénurie d’énergie, les Autobots fuient leur monde à bord de l’Arch dans l’espoir de trouver la paix et de nouvelles ressources. Rattrapés par les Decepticons, les deux clans se retrouvent sous une pluie de météorites et atterrissent en catastrophe sur la Terre alors à l’ère préhistorique. La violence de l’impact provoque la désactivation du vaisseau et de ses habitants. Quatre millions d’années plus tard, une éruption volcanique réveille l’ordinateur central Télétran 1 qui répare automatiquement tous les robots et les adapte à l’environnement terrestre. Tandis que les Decepticons veulent s’emparer du carburant nécessaire à leur survie, les Autobots se mettent au service des hommes pour contrecarrer leurs projets.

En 1980, la société japonaise Takara lance Diaclone, une nouvelle ligne de jouets. Si la plupart des Autobots proviennent de Diaclone, les Decepticons trouvent leurs origines également chez Takara dans les jouets Microman apparus en 1974. Ces deux gammes sont dans l’imaginaire des robots transformables pilotés par des humains combattant des machines extra-terrestres.

La célèbre firme Hasbro décide de reprendre le concept à son compte et rachète la licence : ainsi naissent les Transformers durant l’année 1984. Pour doper les ventes, Hasbro commande une série animée aux studios Marvel & Sunbow Productions, celle-ci s’étalera entre 1984 et 1987 (98 épisodes, 4 saisons) avec un long métrage sorti en 1986. Plusieurs générations de Transformers verront le jour dont les fameux Dinobots ou Constructicons et même les leaders seront remplacés par Rodimus Prime pour les Autobots et Galvatron pour les Decepticons.

Le film :

Il semblait évident que l’objectif de Michael Bay était d’en mettre plein la vue, respectant scrupuleusement le slogan de la série. Son association avec le talentueux Steven Spielberg (en tant que superviseur du projet) offrait des perspectives prometteuses surtout pour le gamin qui a connu les jouets ou la série animée et qui rêvait de voir ses héros prendre vie sur un grand écran.

Dans cette déclinaison cinématographique, les deux clans se mettent en quête d’un cube géant doté de pouvoirs colossaux qui a échoué sur la Terre. Le jeune Sam détient la clé qui permettra de le retrouver et du même coup, le sort de l’humanité entre ses mains.

A l’instar de son confrère Roland Emmerich, Michael Bay, fort de son statut de faiseur, livre un film sans temps mort et déballe les séquences de destructions massives. Son mot d’ordre est pas de quartier dans le domaine pyrotechnique et cela dès la scène d’ouverture dans le désert. Les morceaux de bravoure sont merveilleusement servis par des effets numériques époustouflants (le clou du spectacle étant l’animation d’Optimus Prime). Mais dès que plus de deux titans mécaniques s’empoignent, les combats sombrent dans la confusion. On ne sait plus quel boulon va avec quelle tôle notamment pendant la confrontation finale en pleine ville qui s’achève en queue de poisson.

Un autre défaut se révèle dans un scénario ressassant les clichés du film d’invasion (Le Pentagone, agents gouvernementaux fantômes, valeureux militaires de toutes origines et clin d’œil à la zone 51) et martelant le discours sur la notion de sacrifice. On est parfois à deux doigts de l’héroïsme de Bill Pullman dans ID4. Toutefois, le script injecte un second degré bienvenu qui atteint son but dans certaines situations comme cette tentative d’humaniser nos mastodontes mécanisés. Une touche d’humour qui fait mouche même si elle paraît quelquefois infantile.

Dans le rôle du héros malgré lui, le sympathique Shia LaBeouf se montre drôle et énergique. Il tire son épingle du jeu sans aucune difficulté face à la sublime Megan Fox peu enthousiaste et accompagnée d’un éventail de personnages secondaires stéréotypés comme le hacker bouffi et hurlant ou la jolie scientifique blonde peu crédible. De leur côté, Jon Voight et John Turturro (à la limite du cabotinage en agent détestable) ne se prennent décidément pas au sérieux.

En somme, le long métrage peut séduire par son aspect divertissement haut de gamme doublé d’un support promotionnel pour produits dérivés. Au vu de l’arsenal déployé, le spectacle devrait ravir le jeune spectateur comme si il faisait un grand tour de manèges. On peut déjà annoncer qu’une suite est d’ailleurs prévue pour 2009.
X-MEN ORIGINS: WOLVERINE (2009) de Gavin Hood avec Hugh Jackman, Liev Schreiber, Danny Huston.

Imaginé par le scénariste Len Wein, Wolverine est d'abord apparu en tant qu'adversaire du colosse vert dans le numéro 180 de L'Incroyable Hulk édité chez Marvel Comics en octobre 1974. Son nom lui vient du Carcajou, un mammifère d'Amérique du Nord et le dessinateur Herb Trimpe s'est inspiré d'un concept de John Romita Sr. pour le costume jaune. En France, il a été baptisé Le Glouton puis Serval avant de reprendre son nom original.

Né James Howlett, Logan connaît une enfance traumatisante et découvre sa faculté d'auto-guérison. Devenu agent d'élite du gouvernement canadien, il s'implique bientôt dans un programme militaire visant à lui greffer un squelette en adamantium, un métal réputé indestructible. Sous le nom de code Weapon X, l'expérience le renforce mais le rend également amnésique. Solitaire et vagabond, il se décide à rejoindre l'école des mutants du professeur Charles Xavier dans le premier numéro de Giant-Size X-Men publié en mai 1975. Armé de ses redoutables griffes, Wolverine se révèle un héros atypique par son caractère fougueux et ambigu où chez lui, la morale oscille constamment entre le bien et le mal.

Portée par le talent de Bryan Singer et le charisme de l'australien Hugh Jackman, la franchise X-Men avait relancé les adaptations de comics de manière tonitruante. Deux épisodes très réussis puis un troisième en demi-teinte qui constituaient une trilogie marquante des années 2000. Dans une logique mercantile, la Fox se décida à produire un quatrième opus qui revenait sur les origines du plus populaire des mutants. Une initiative à priori intéressante pour un personnage possédant un réel potentiel.

Pourtant après un prologue encourageant sur la jeunesse de James Howlett découvrant ses griffes en os, le générique s'emploie à pratiquer l'ellipse en expédiant les trois guerres que Logan traverse durant plus d'un siècle lors d'un faux plan séquence. Une vague impression de recyclage se confirme lorsque le récit multiplie les incohérences avec la trilogie (le lien fraternel entre Logan et Victor "Dents de Sabre" Creed) et les raccourcis narratifs pour répondre aux exigences des studios. En effet, il s'avère que cette banale histoire de vengeance n'apprend rien de plus sur le passé torturé du héros et ce ne sont pas les clins d'oeil à l'univers Marvel (Gambit, Le Blob, Dead Pool, Cyclope et divers caméos) qui vont donner du piment à ce Wolverine. Derrière sa caméra de faiseur, Gavin Hood mise sur l'efficacité des scènes d'action et la crédibilité des effets spéciaux afin de masquer les lacunes d'une intrigue sans relief et peu captivante. Quant aux interprètes, Hugh Jackman est toujours aussi à l'aise avec l'adamantium mais se montre moins hargneux. Dans le rôle du bestial frère ennemi, Liev Schreiber affiche un jeu tout en sobriété et ambiguïté.

En matière de spin-off, Wolverine évite le syndrome Elektra (synonyme de daube absolue) car le spectateur y trouvera peut-être son compte en terme de spectacle divertissant au rythme soutenu. Quant aux fans, leurs attentes ne seront sans doute pas comblées. Espèrons que le second Wolverine en projet rattrapera cette maladresse cinématographique.
X-MEN : LE COMMENCEMENT (2011) de Matthew Vaughn avec James McAvoy, Michael Fassbender, Kevin Bacon.

Dans ce cinquième épisode de la franchise Marvel, Matthew Vaughn revisite les origines du groupe où Charles Xavier et Erik Lehnsherr n'étaient pas encore adversaires. Situé durant la crise des missiles cubains, le scénario se démarque du comic-book tout en proposant une intrigue captivante relatant l'affrontement entre les jeunes mutants et le Club des damnés. Le film est influencé par l'esthétisme des James Bond d'époque et donne lieu à quelques moments très spectaculaires grâce aux pouvoirs variés des protagonistes. L'ensemble étant appuyé par une excellente bande-son signée Henry Jackman. Si James McAvoy et Kevin Bacon font preuve d'un indéniable charisme, Michael Fassbender remporte la palme avec sa magistrale interprétation du futur Magneto. Ce nouveau X-Men réhausse la série de manière élégante après un Wolverine bien médiocre.
X-MEN: DAYS OF FUTURE PAST (2014) de Bryan Singer avec Hugh Jackman, James McAvoy, Michael Fassbender.

En 2023, l'extinction semble inévitable pour les X-Men submergés par les redoutables Sentinelles. Afin de changer le cours des choses, l'esprit de Wolverine est envoyé 50 ans plus tôt pour anticiper un évènement qui lancera le programme robotique fatal aux mutants. Mais la tâche va se révéler plus ardue que prévue.

Septième film de la saga (dont deux spin-offs), Days of Future Past s'inspire du comic-book "Futur antérieur" scénarisé par Chris Claremont et dessiné par John Byrne en 1981. Après sa parenthèse hommage au mythique kryptonien, Bryan Singer reprend les commandes de la franchise X-Men en l'orientant vers la science-fiction. Le réalisateur orchestre un film choral où les personnages de la trilogie et de X-Men: First Class cohabitent dans une trame cohérente sur deux époques. La narration montre une étonnante fluidité dans ce sens tout en faisant preuve de lisibilité dans l'action et instaurant un suspense progressif dans les situations critiques où s'enchaînent les rebondissements. On déplorera juste certaines lacunes scénaristiques liées aux précèdents opus.

Son autre atout est d'alterner moments intimes et séquences épiques avec aisance tout en véhiculant un message sur le droit à la différence. A ce titre, la scène d'ouverture renvoit à celle du premier long métrage mais en présentant un futur qui évoque l'imagerie sombre et poussiéreuse des Terminator de James Cameron où des Sentinelles spectrales exécutent leur sentence avec brutalité. Le contexte des années 70 est reconstitué avec élégance et minutie, le ton se veut plus léger voire parfois humoristique et comporte de multiples références dont un jubilatoire pastiche de Mission : Impossible se terminant par une prouesse de Peter Maximoff/Quicksilver d'une épatante virtuosité technique.

L'intrigue fonctionne également grâce à la relation Xavier/Magneto/Mystique qui s'étoffe. Ainsi, le moteur du récit est constitué par la rivalité entre les anciens frères d'armes où s'exprime le talent d'acteurs comme James McAvoy en Xavier junkie et affligé, Michael Fassbender en Magneto ambigu et torturé de même que Jennifer Lawrence en Mystique plus martiale et vengeresse. Du fait de sa popularité, Hugh Jackman fait le lien entre les générations (en remplacement de Kitty Pryde dans le comic) sans pour autant monopoliser l'écran et forme même un sympathique duo avec Nicholas Hoult dans la peau du Fauve. Quant aux autres protagonistes, leur présence sert à assurer le cachet spectaculaire avec des effets spéciaux principalement déployés pour mettre en valeur les pouvoirs des mutants déjà connus (Storm, Kitty Pryde, Iceman, Colossus) et des nouveaux venus (Blink, Warpath, Bishop, Solar). Mais le clou du spectacle reste sans doute l'hallucinante démonstration du stade en lévitation.

A l'instar de son travail sur X-Men 2, Bryan Singer transcende le matériau originel en dépit de quelques entorses pour offrir un divertissement astucieux, fort en émotions et véritablement ambitieux. Une nouvelle fois, le fan devrait être satisfait par les divers clins d'œil dont une conclusion nostalgique et surtout par un avant-goût d'Apocalypse (prévu pour 2016) après le générique final.
XIII - LA CONSPIRATION (2008) de Duane Clark avec Stephen Dorff.

Icône de la bande-dessinée, l'énigmatique XIII a été créé par Jean Van Hamme et William Vance en 1984 et a connu maintes aventures à travers 19 volumes. Les auteurs se sont inspirés de l'univers littéraire de Robert Ludlum et de son personnage fétiche, Jason Bourne.

Rompu aux séries TV policières, le réalisateur Duane Clark livre un condensé des cinq premiers albums dans cette mini-série au format de 2 téléfilms de 90 minutes. Le héros amnésique doit échapper à une obscure organisation mais est fermement décidé à découvrir son passé et à dévoiler un complot ourdi dans les hautes sphères. Stephen Dorff (Deacon Frost dans Blade) montre une hargne insatiable face à l'inquiétante sobriété de La Mangouste jouée par Val Kilmer. Quelques libertés (le personnage inédit de Sam) ont été prises avec le matériau d'origine mais le scénario en respecte le fil directeur. En outre, XIII s'avère un thriller dont l'efficacité repose sur son intrigue fusionnant action et espionnage aux enjeux progressifs ainsi que sur un rythme sous adrénaline pour tenir le spectateur en haleine. Duane Clark soigne ses plans, installe un climat de paranoïa, use d'effets de style et ajuste la photographie selon la situation même si l'originalité fait parfois défaut. Malgré l'ombre pesante de la trilogie Jason Bourne, XIII s'en sort honorablement et laisse la porte ouverte à une éventuelle série.